Troisième couac autour des 10es Jeux des îles de l’océan Indien alors qu’il reste encore 11 jours avant que ne démarrent officiellement les Jeux. Après l’épisode de plagiat du clip officiel Un océan de partage qui a sanctionné l’agence Grey Mauritius le mois dernier, puis le flou persistant autour de la billetterie dont la vente est faite sur le site en ligne Rezo Otayo — des billets d’entrée pratiquement sold out selon certaines sources — laissant un risque accru de ventes au marché noir durant ces Jeux, voilà que samedi la flamme des Jeux est tout bonnement oubliée sur le vol initial à destination de Rodrigues, qui constitue une des étapes du parcours établi.
À qui attribuer la faute du non-embarquement de son « passager VVIP » sur ce vol ? Les langues se délient. Si Air Mauritius, qui écartait tout « oubli », « incident » ou quelconque « omission », évoquait dans un premier temps « un excédent de poids », selon son CEO Somas Appavoo, le transporteur officiel de ces Jeux s’exprimait un peu plus tard à travers un communiqué : « Pour des considérations techniques, la flamme a embarqué sur le vol MK 130… », dont l’atterrissage à Plaine Corail a eu lieu à 14h40.
Tout compte fait, c’est la Commission de la Flamme des Jeux qui est chargée de veiller aux aspects autour de cette torche pas comme les autres liés surtout à sa circulation. Si Fayzal Hoolash minimise cette lacune du 6 juillet 2019, évoquant lui aussi un « souci technique qui est vite rentré dans l’ordre », il va sans dire que cette bourde est presque inimaginable. Comment oublier la vedette du jour ? Nos cousins des îles ont sans doute ri un bon coup samedi.
La musique adoucit les mœurs, les Rodriguais, eux, ont su faire amende honorable et improviser un concert et une animation avec séga-tambour sur place pour meubler le temps et surtout atténuer ce couac du jour. Une fois la flamme dans l’île, c’est tour à tour entre les mains des personnalités politiques, entre autres le chef commissaire Serge Clair, la Commissaire des Sports Rose de Lima Édouard, celles d’anciennes gloires, à l’image d’Éric Milazar ou encore de Jean-Marc Ithier, ou de la chef de file actuelle, la judokate Christiane Legentil, que la flamme a fait sa balade. Avec tout un symbole, la dernière partie du trajet Anse-aux-Anglais/Pointe Monier s’est faite sur une embarcation de pêcheurs pour clore le volet pré-Jeux Rodrigues. En attendant l’organisation, chez eux, du judo par équipes au gymnase Malabar (jeudi 25 juillet) et de l’épreuve du semi-marathon des Jeux (vendredi 26 juillet).

Daniel SOULANGE