Photo d'illustration

Grâce à son parc marin et les diverses espèces qu’elle abrite, la plage de Blue-Bay compte parmi les plus belles au monde, d’après un récent classement de National Geographic. Toutefois, cela n’empêche pas des habitants d’avoir un regard complètement différent. Selon Mike (prénom modifié), un habitué de cet endroit, le nombre de chiens errants sur cette plage ne cessent d’augmenter.

« Nous sommes vraiment inquiets. Nous sommes dans un pays à vocation touristique. On ne peut plus continuer à tolérer cette situation. » Rajiv, qui écoute attentivement Mike, donne son point de vue : « Ce sont les humains qui sont à blâmer. D’une part, à cause des ordures qui attirent les animaux, et d’autre part, à cause des personnes qui prennent la plage pour leur dépotoir et laissent leurs ordures derrière eux. »

Mike se rappelle encore ce couple français qui se trouvait sur la plage avec leur fils de dix ans. Ce dernier avait failli être mordu par un chien errant. D’où la réticence de certains étrangers, dit-il, qui sont sur la plage et qui ne veulent pas avoir des chiens errants à côté d’eux. « On ne peut pas blâmer tout le monde », dit-il. ll y a aussi des touristes qui, par amour pour les animaux, donnent à manger aux chiens errants.

Pour résoudre ce problème, selon Rajiv, il faut miser sur l’éducation et la responsabilisation de la population. C’est une étape primordiale qui doit être accompagnée d’un renforcement de la loi. « Pena volonte pou regle sa problem lisien eran. Mo enkor rapel ti pe koz gran gran kanpagn lor sterilizasyon. Nepli tande. Al partou dans Moris ou pou trouve ki kantite lisien eran ena », dit-il. Pour rappel, le 14 août dernier, une habitante de Belle-Rive, âgée de 31 ans, avait succombé à ses blessures après que son époux avait percuté un chien errant.

L’invasion des pigeons malades sur cette plage est aussi une autre source d’inquiétude pour les habitants de cette région et ceux qui y travaillent. Nucredita vend des fruits pendant de nombreuses années sur la plage de Blue-Bay. Des déjections de pigeons séchées voisinent avec son échoppe. Elle est inquiète et a honte devant les clients. Elle ne sait plus à quel saint se vouer.

« Mo finn fatige atir latansyon bann lotorite lor dega koze par pizon. Nanyen pa finn fer. Mo gagn onte kan tourist vinn aster frwi avek mwa. Mo finn deza tir petar pou fer zot aåe, zot retourne enn ti moman apre, mo nepli kone ki pou fer. Beach Authority, minis de lanvironnman o kouran sa problem la », confie-t-elle. Cette dernière avait aussi utilisé l’eau de Javel mélangée à une substance nocive dans l’espoir de les effaroucher. Mais cela na eu aucun effet.

Rohitlall, son époux, qui vient de temps en temps l’aider dans son commerce est en colère lui aussi. « Nou sakrifie, nou lev boner pou eplis frwi pou gagn nou lavi, letan vinn isi, pa kapav travay kar lanvironnman byen sal. Li byen domaz », déplore-t-il.

Karl qui travaille dans un parc dans l’Ouest du pays soutient que la cohabitation entre les hommes et les oiseaux n’est pas un phénomène récent. Il reconnaît toutefois que la présence de pigeons à Maurice peut causer des maladies telles que la salmonellose. Selon lui, comme précautions, il faut éviter les contacts directs avec les oiseaux et leurs fientes, se laver les mains avant de les porter à la bouche. « Les autorités ne peuvent pas rester indifférentes à cette invasion de pigeons comme c’était le cas pour les corbeaux », dit-il.

Poosmawtee Jhumuck travaille dans un snack à quelques mètres de Nucredita. Elle vend des pains fourrés et des “mines” bouillies, entre autres. Elle n’est pas tranquille elle aussi. Elle est perturbée par le nombre de pique-niqueurs qui viennent à la plage en voiture les week-ends comme les jours fériés et qui garent leurs véhicules devant son échoppe. « Ils bloquent le passage. Je ne peux pas travailler librement. Faute de visibilité, les clients vont ailleurs. »

Une fois, raconte-t-elle, elle a eu des problèmes avec un livreur de marchandises. « Letan mo koz ar li, li komans insilte mwa. Li dir mwa gro gro betiz an piblik. Monn prefer rest trankil. »

Selon elle, il est interdit aux automobilistes, motocyclistes ou tout autre véhicule de garer dans cet endroit qui initialement était destiné à être un “foodcourt”. Elle demande aux autorités policières de mettre de l’ordre pour qu’elle puisse travailler tranquillement.

Gino, skipper de son état, ne veut plus avoir d’ennuis avec les autres skippers qui travaillent illégalement dans le lagon de Blue-Bay. Selon lui, le comportement de certains commence à poser problème dans le lagon.

« Zot harsel touris pou ki zot rantr dan zot bato pou al vizit park marin e san prezans proprieter ki dapre lalwa oblize prezan lor bato kan fer sorti en mer. » Et d’ajouter : « Il y a trop de problèmes sur la plage de Blue-Bay. Les autorités concernées doivent trouver des solutions au plus vite. »