L’association Porteurs d’Images organise deux projections de plein air ce week-end, du merveilleux film de Ritesh Batra, The Lunchbox. Cet auteur de courts-métrages a fait un coup de maître avec ce premier long-métrage qui a connu un succès très intéressant tant aux États-Unis et en Europe, que dans son pays d’origine. L’intrigue, une histoire d’amour, une sorte de conte moderne, nous plonge dans le Bombay des années 1980, plus précisément dans l’intimité de ses habitants et travailleurs, qui font appel aux « dabbawallahs », ces livreurs de lunchbox, qui permettent aux maris de manger leur plat chaud fait maison lors de leur pause déjeuner, que leur épouse leur a confectionné.
Les cinéphiles mauriciens ont déjà pu voir, à l’occasion des rendez-vous d’Île Courts en 2012, le court-métrage de Ritesh Batra, « Cafe regular, Cairo », qui a connu un succès international tout à fait marquant. Et lorsque le cinéaste Anurag Khashyap est venu parrainer le festival à Maurice, il n’a pas manqué de souligner le succès que connaissait alors de The Lunchbox en Inde, pour démontrer que les cinéphiles indiens s’intéressent de plus en plus aux nouveaux courants cinématographiques du cinéma indien et recherchent des films différents des habituelles productions bollywoodiennes.
Avec The lunchbox, Ritesh Batra offre un visage à multiples facettes de la ville de Bombay : celui du lieu du travail où Saajan reçoit tous les jours son « lunchbox » pour une pause bien méritée, et où il forme Shaikh, son jeune collègue pétillant qui le remplacera quand il partira à la retraite, celui de la maison de la moyenne bourgeoisie où Ila confectionne chaque jour un plat chaud pour son mari, y mettant toute son affection pour susciter son attention, celui aussi du village où vit Saajan dans les faubourgs de Bombay, et enfin le grouillement incessant des transports dans cette gigantesque ville, où les livreurs, les dabbawallahs, savent se déplacer avec une efficacité époustouflante.
Une étude d’Harvard sur ce système de livraison unique a démontré que seulement une lunchbox sur un million n’arrivait pas à son destinataire. Celle d’Ila a été cette exception et la jeune femme s’est rendu compte de l’erreur, au cours d’une conversation avec son époux dont elle s’étonnait qu’il ne la complimente pas sur la qualité des mets, qu’elle confectionnait avec beaucoup d’amour pour attirer son attention et lui faire plaisir. Elle décide alors de glisser un message pour celui qui reçoit en fait son lunchbox par erreur, marquant ainsi le début d’une correspondance entre ces deux personnages, que rien ne prédisposait à se rencontrer, et qui vivent chacun à leur manière dans l’isolement et la solitude.
La séance de Rivière-du-Rempart se déroulera vendredi 8 juillet, à 20 heures, sur le parking du centre commercial du village, Cours de Riverside. Des chaises sont prévues pour les spectateurs. La séance de Bambous se tiendra le lendemain à la même heure, à la sortie du village, sur la promenade Médine, non loin de la boutique Dragon. Il est conseillé d’apporter nattes et coussins, ou mieux encore chaises pliantes. Ces deux séances sont gratuites.