Géraldine Macotia, 19 ans, apprend à une quinzaine de garçons et de filles de Cité Richelieu, âgés de 13 à 17 ans, à jouer du violon. C’est le Rotary Club d’Albion qui lui a confié cette responsabilité depuis six mois, grâce à son frère David qui l’a présentée au Rotariens.

Cette habitante de Pailles, qui étudie actuellement le “Fashion and Design” à l’Université de Maurice, avait montré son talent et son savoir-faire en dix minutes, en octobre dernier, lors d’une remise d’instruments de musique à de jeunes musiciens par le Rotary Club d’Albion. « Difficile de mesurer pleinement son talent en dix minutes, mais je suis émerveillé par sa maturité », avait laissé entendre un mélomane ce jour-là dans la salle après avoir écouté la jeune fille.

Je suis fière de pouvoir partager mes connaissances avec les jeunes violonistes…

« J’ai beaucoup de chemin à parcourir encore », confie Géraldine au Mauricien. « Devenir violoniste n’est pas donné à tout le monde. Pour y parvenir, de nombreux facteurs entrent en jeu : la qualité du travail, le choix du professeur et la motivation pour maîtriser les techniques. Le violon est un instrument de musique très complexe », avoue-t-elle.

Son père Patrick, policier de son état, et sa mère Nadine, chanteuse, ont aussi contribué à développer sa passion pour le violon, dit-elle. « Je n’avais que six ans lorsque j’avais commencé mon apprentissage avec M. Parfait, mon prof de musique. »

Pour être violoniste, conseille Géraldine, il faut d’abord très tôt penser à s’engager dans la voie professionnelle pour atteindre le niveau plus tard. « Le rôle de la famille est déterminant, surtout en ce qui concerne la régularité du travail à la maison, le respect strict des notes, sans compter les devoirs pour les leçons le lendemain. Car cela exige une longue formation en raison de sa complexité technique. J’ai eu aussi la chance de travailler avec mon prof de musique, qui a agi de concert avec moi jusqu’à ce que je devienne indépendante », confie-t-elle.

Pour parfaire ses connaissances dans un domaine si complexe, Géraldine a fait le va-et-vient entre Pailles, où elle habite, et le conservatoire de musique François Mitterrand, Quatre-Bornes, alors qu’elle n’avait que 10 ans. « Ce n’était pas facile. J’ai travaillé très dur. Je suis fière de pouvoir partager mes connaissances avec les jeunes violonistes qui, je dois le dire, ont du talent et du potentiel. Il y a des coins à Maurice qui regorgent de talents. Il suffit de leur donner les moyens et de les encadrer. J’ai été étonnée de constater dès le premier jour l’engouement des élèves et leur soif d’apprendre le violon, qui n’est pas un instrument pas à la portée de tout le monde. » 

Géraldine a-t-elle eu l’occasion de participer à des événements qui ont marqué sa vie d’adolescente ? « Oui, il y a quatre ans, lorsque j’avais joué dans “Le Fantôme de l’Opéra” au conservatoire François Mitterrand en compagnie de seniors sous la direction de Claudie Ricaud. C’était des moments merveilleux, inoubliables. On avait placé la barre très haut. La salle était remplie comme un œuf. Nous avions reçu une “standing ovation”. »

La jeune fille ne compte arrêter en si bon chemin. Elle compte poursuivre des études supérieures dans ce domaine pour aller le plus loin possible. « On emploie beaucoup plus de chanteurs et de musiciens à Maurice et rarement des violonistes. Je préfère donc me spécialiser pour trouver un emploi comme prof de violon », conclut-elle.