Pour la première fois, la Commission de l’éducation du MMM réclame officiellement et avec force le départ de Vasant Bunwaree du ministère de l’Éducation. Une demande qui n’est pas liée qu’à l’affaire MITD, cette commission énumérant une série de problèmes touchant plusieurs secteurs de l’éducation et constatant que Vasant Bunwaree « n’arrive plus à maîtriser ses dossiers ».
« Pena lot solision li bizin ale. Nou pe demann solanelman depar minis ledikasion », a déclaré hier Steve Obeegadoo, président de cette commission, lors d’une conférence de presse axée sur la performance du ministre de l’Éducation. À mi-chemin de l’année scolaire 2013, la Commission de l’éducation du MMM fait le constat d’une situation « catastrophique » qui prévaut dans plusieurs domaines. Steve Obeegadoo, qui était entouré hier des autres membres de cette commission, a rappelé les circonstances de l’arrivée de Vasant Bunwaree au fauteuil de l’Éducation en 2008, en remplacement de Dharam Gokhool qui ne faisait plus l’unanimité dans l’ensemble du secteur éducatif. Selon lui, la nomination de Vasant Bunwaree avait été bien accueillie en général et tout le monde avait poussé un « ouf de soulagement ». Or, dit le responsable du dossier de l’éducation au MMM, la performance de Bunwaree s’est révélée « une déception » et ce dernier est aujourd’hui « à bout de souffle ». « Après cinq ans c’est un bilan accablant et un constat d’échec sur tous les plans », conclut Steve Obeegadoo mais le plus inquiétant selon ce dernier est que le ministre « n’est pas capable de maîtriser ses dossiers ». Et celui-ci de citer quelques-uns des problèmes qui, souligne-t-il, sont régulièrement répercutés dans les médias : la gestion du MITD, la fermeture des écoles de l’APEIM et le sort des enfants handicapés non scolarisés, le cafouillage dans la filière prévocationnelle, l’échec de l’Enhancement Programme, l’absentéisme croissant des élèves, l’absence de dialogue entre le ministère et les stakeholders, la violence et l’indiscipline, l’examen national au niveau de la Form I, les malpractices de certains chefs d’établissement, le manque de planification dans plusieurs projets… « Kot nou gete ena problem e minis-la inn “fail” partou », soutient l’ancien ministre de l’Éducation du MMM-MSM (2000-2005), en ajoutant que c’est un sentiment similaire qui se dégage dans le secteur éducatif. « Tou dimounn pe atann avek inpasians so depar », affirme Steve Obeegadoo.
Un autre aspect important de cette conférence de presse a trait à la nécessité d’élaborer un code d’éthique à l’intention des éducateurs, qui aiderait à préserver les relations professionnelles. Selon Surrendra Bissoondoyal, membre de cette Commission de l’éducation, nombre de pays ont adopté cette pratique et d’autres encore tendent dans cette direction. Il n’a manqué de souligner que l’Unesco préconise de tels garde-fous et que cet organisme international dont Maurice est membre a donné des guidelines pour aider les pays à élaborer le code d’éthique qui serait le plus approprié pour eux. Pour Surrendra Bissoondoyal, celui de l’État de Victoria en Australie serait un bon exemple dont les responsables de l’éducation nationale à Maurice pourrait s’inspirer. « Les relations professionnelles sont un aspect très important dans le domaine de l’éducation. Sak pei pe fer so prop code of conduct me isi pa pe fer nanyen », constate amèrement M. Bissoondoyal.