Dynamiques, créatifs et bons communicants. Eux, ce sont Fernando Kylas fondateur, de Visual Communication (Mauritius), Virginie Couronne, de PR/Communication Network (Mauritius), et Jason Bholanauth, de Digital Marketing (Mauritius). Trois univers différents, mais complémentaires. Conscients de l’ampleur que prend la communication 2.0, ces trois jeunes professionnels ont décidé de se réunir autour d’une même table pour parler des points forts et faibles de ce secteur en ébullition. Un premier petit pas qui portera sans doute ses fruits dans les années à venir. Entretien.

“Il est temps de rééduquer les gens sur ce qu’est réellement la communication”, explique Virginie Couronne, fondatrice de PR/Communication Network (Mauritius). Un groupe qui compte près de 400 membres, tous ou presque professionnels de la communication. Un exploit en seulement huit mois d’existence, nous confie-t-elle. En effet, la communication, la jeune femme la connaît du bout des doigts. Journaliste pendant plusieurs années, elle décide ensuite de s’essayer à la communication en entreprises et aux relations publiques. Evoluant désormais dans le secteur bancaire, Virginie Couronne a été témoin de l’évolution de la communication dite traditionnelle, vers une communication digitale, en perpétuelle évolution.

“L’on croit souvent que communiquer (parce que nous le faisons tous, et ce tous les jours) est une chose facile et simple. Cependant, lorsqu’il s’agit d’une entreprise, cela implique de nombreux facteurs, tels que les audiences, interne et externe, qui requièrent des efforts distincts, connaître leurs attentes et leurs points forts, les outils de communications. De nos jours, avec les nouvelles technologies, la communication a complètement changé. D’ailleurs, tout comme on entend désormais le terme Digital Marketing, l’on entend de plus en plus le terme Digital Public Relations. Nous devons être en mesure de cibler les audiences là où elles sont. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle la publicité traditionnelle, telle que nous la connaissons, est en plein déclin, non pas parce que les entreprises n’accordent plus de budget à la pub, mais parce que les attentes ne suivent plus autant comme c’était le cas auparavant et que d’autres supports sont plus efficients” dit-elle.

Un avis que partage Fernando Kylas, fondateur de Visual Communication Mauritius, plate-forme créée en 2013 et qui compte près de 2 000 membres sur les réseaux sociaux. Tutulaire d’un doctorat en Comminication créative avec une spécialisation en psychologie marketing, ce Mauricien né en Grèce veut, lui, redorer le blason des professionnels de ce secteur qu’il pense lui aussi être en déclin. “Il faut professionnaliser le métier. Il ne suffit pas de savoir utiliser internet et manier quelques logiciels pour pouvoir être un graphic designer ou un illustrator. Il y a un travail de réflexion en amont, car le professionnel a la responsabilité de fournir un produit de qualité à son client. L’identité visuelle est essentielle pour une entreprise et ce n’est pas une chose à prendre à la légère”, explique-t-il. Selon lui, les jeunes qui débarquent sur le marché du travail, bien que motivés, manquent cruellement de formation. Un manquement qui a des répercussions sur la communauté en général, insiste-t-il. “Notre plate-forme ouvre ainsi la porte aux jeunes. Ils peuvent poser les questions qu’ils veulent aux professionnels qui ont de l’expérience et apprendre des autres.”

Les vieux du métier qui ont eux aussi fini par prendre le coche. “La transition se passe bien”, nous confie pour sa part Jason Bholanauth, fondateur de Digital Marketing Mauritius, créée en 2017. En effet, le traditionnel s’est adapté au digital. “Ils se complètent au final.” Il faut dire que c’est un peu lui qui a été le vecteur de cette rencontre tripartite, car si Virginie connaissait Jason, elle ne connaissait pas Fernando, qui lui connaissait Jason !
Bref, une fois le trio constitué, la machine s’est tout de suite mise en marche.

D’ailleurs, en plus des nombreuses activités communes que prévoient les trois groupes réunis, chaque groupe continue de s’épanouir à son niveau. Ainsi le site Web de Digital marketing Mauritius sera bientôt lancé, nous annonce Jason Bholanauth. Une sorte de carnets d’adresses pour aider à la fois clients et professionnels à se retrouver, “car les entreprises commencent à reconnaître qu’il ya a un changement de comportements d’achats”, dit-il. D’où le besoin de former des professionnels capables de comprendre, d’analyser et d’anticiper le comportement d’un acheteur, par exemple, “d’autant que la demande grandit et que l’offre stagne”.

Il explique ainsi que le fossé entre experts et débutants se creuse, fragilisant l’écosystème, même de la communauté de digital marketers. Evoluant pour sa part dans le secteur financier, il sait pertinemment que c’est un des plus gros challenges auquel le professionnel doit faire face. “Le fait de ne pas comprendre le métier dévalorise les professionnels experts dans leur domaine et crée une disparité sur le marché, car l’employeur ne sait pas faire la différence entre un débutant et un expert”, dit-il. La plate-forme Digital Marketing Mauritius a ainsi pour objectif d’assurer une bonne connaissance du terrain, des réalités du métier ; de donner la chance aux jeunes et d’éduquer les gens sur le métier, par des ateliers de travail, etc.

En effet, les trois s’accordent pour dire qu’il faut vulgariser ces métiers, aussi fascinants les uns que les autres. “Un melting pot” appelé à devenir l’avenir du pays. Et bien qu’en retard sur les autres, ces trois jeunes leaders passionnés de leur métier ont bien l’intention de remettre les pendules à l’heure et propulser leur petite île au-devant de la scène…