Le Parti travailliste en est convaincu : « L’opposition est en perte de vitesse. » Non seulement le parti le répète depuis longtemps, mais les dernières sorties de l’alliance Remake 2000 et le sondage conduit par DCDM, selon Patrick Assirvaden, le président des rouges, ont donné raison au constat du PTr. Si celui-ci, qui tenait sa conférence hebdomadaire à son siège, hier matin, a tiré à boulets rouges sur l’opposition, le parti persiste à épargner, du moins le plus souvent possible, le MMM. S’attaquant principalement « au clan Jugnauth », le PTr déplore de plus en plus l’alliance contractée par Paul Bérenger, leader emblématique du MMM avec le MSM de Pravind Jugnauth.
Hier encore, Patrick Assirvaden, s’appuyant sur le sondage, notait que « le MSM et le clan Jugnauth mènent le MMM à l’abattoir » et que « le MMM est en train de perdre son identité…  » Il en veut pour preuve que, « la presse, habituellement pro-MMM, a jugé moyen son meeting du 1er mai ». Le président du PTr, qui a d’ailleurs commenté le meeting du tandem MSM/MMM à Port-Louis, a trouvé que le rassemblement était un flop. « La qualité des discours », surtout l’intervention au « contenu fade » du leader du Remake 2000, ont fait de ce meeting, dit-il, « un fiasco. Alors qu’Anerood Jugnauth continuait à parler, la moitié de la foule était déjà partie. C’est Paul Bérenger que les partisans du MMM voulaient entendre ! » « Anerood Jugnauth est un non-starter », a-t-il réitéré, »il est dépassé et déconnecté ». Selon Patrick Assirvaden, avec le MSM et le MMM, le pays a affaire à une opposition « malhonnête, voire irrespectueuse ». En effet, alors que le PTr avait décidé, dit-il, d’annuler certaines fonctions, y compris sa conférence de presse, le 4 dernier, décrété jour de deuil, l’opposition a choisi de « mener sa campagne » et de tenir sa conférence de presse. « Nou pa kapav pa denons enn lopozisyon ki pe fer politik lor maler dimoun ! », s’indignait Patrick Assirvaden, avant de dénoncer la mauvaise foi de Pravind Jugnauth au Parlement mardi dernier. Ce dernier, dans l’hémicycle, a brandi une copie du rapport sur la CNT suivant l’accident mortel de Sorèze et a cru, « embarrasser le ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo ». « Li lir ekspreseman enn fraz kot sofer demann pou verifie so bis lor enn issue partikilye. Me li pa lir fraz swivan kot CNT inn repar fot raporte pendan ler dezene. Li ti panse ki Anil Bachoo pena rapor la ! » Patrick Assirvaden n’a pas manqué de critiquer l’opposition qui, dit-il, après avoir sollicité l’intervention du gouvernement sur l’affaire Namasté trouve à « soutenir la grève de la faim des ex-employées » de ce foyer.
Abondant dans le même sens que le président de son parti, Kalyanee Jhugroo, la secrétaire générale du PTr a longuement critiqué « l’alliance contre nature » formée par le MSM et le MMM avant de revenir sur « les trahisons de 1982 », année durant laquelle le MMM a « donné Rs 50 millions aux barons sucriers (…) et capitalistes » lors du deal Illovo. « L’opposition, dit-elle, n’a pas le droit moral de représenter la population. » Cette dernière a aussi reproché aux deux partenaires du Remake 2000 d’avoir choisi de tenir leur meeting du 1er mai, à Port-Louis, ville touchée par les inondations du 30 mars « et d’avoir utilisé des enfants pour gonfler la foule ! » Kalyanee Jhugroo n’a pas manqué de saluer la vision moderne et avant-gardiste de son leader et Premier ministre, Navin Ramgoolam. Ce dernier, a-t-elle dit, tiendra sa promesse et présentera un white paper sur les élections.
Abdullah Hossen a été également élogieux envers Navin Ramgoolam. S’agissant du white paper sur les élections, le responsable de la communication du parti, a déclaré que le Premier ministre poursuivra la consolidation de la démocratie. A partir de juillet 2013, le white paper invitera au débat national sur la participation féminine aux élections.
A l’heure des questions, le PTr, qui avait lors de ses précédentes conférences de presse commenté, plus ou moins longuement sur l’affaire pédophilie à la MITD, a été du coup évasif sur l’arrestation de la psychologue, de cette institution, Pascale Bodet. A Week-End qui avait sollicité un commentaire sur cette arrestation, Patrick Assirvaden a déclaré : « Ena prezompsyon inosans. Bizin les lapolis fer so lanket. »