«Nous avons sous-estimé à quel point Navin Ramgoolam était rejeté par la population. C’est surtout un vote sanction contre le Premier ministre sortant» : propos de Paul Bérenger, leader du MMM, lors de sa conférence de presse bilan des résultats des élections générales. Il devait à cette occasion confirmer que les instances dirigeantes du MMM ont finalement décidé, à la lumière du verdict des urnes, de mettre fin à l’alliance PTr-MMM.
Paul Bérenger réaffirme que c’est le MMM qui a décidé de rompre le Remake 2000 pour les raisons déjà évoquées. «Si nous avons finalement choisi de faire alliance avec le PTr plutôt que d’affronter seuls les élections, c’est parce que beaucoup parmi nous craignaient que dans ce dernier cas il y avait le risque qu’à la dernière minute, comme en 2010, le PTr contracte une nouvelle alliance avec le MSM».
Le leader des mauves souligne que le MMM «respecte naturellement» le verdict de l’électorat et souhaite «bonne chance» au nouveau gouvernement. Sans vouloir, assure-t-il, jouer les «prophètes de malheur», Paul Bérenger se dit «très inquiet» pour le pays.
La raison : l’élection dans le camp gouvernemental de «certains comme Raj Dayal». Pour ce qui concerne les résultats eux-mêmes, le leader du MMM estime que plutôt que d’un vote d’adhésion à l’équipe gagnante, il s’agirait davantage, selon lui, d’un vote sanction contre le Premier ministre sortant, Navin Ramgoolam. «Nous avons sous-estimé à quel point il était rejeté par la population».
Paul Bérenger trouve que, par son ton durant la campagne électorale, le leader du PTr n’a fait qu’accentuer le rejet de sa personne par l’électorat. Un «ton d’arrogance au pouvoir» comme illustré par une série de déclarations controversables de Navin Ramgoolam. Le dernier étant celui de la «pêche au requin» qui, explique le leader du MMM, n’a fait qu’irriter encore plus l’électorat MMM. «Par le sentiment de colère qu’elle a suscité parmi nos militants et sympathisants, cette déclaration a joué massivement contre nous».
Tout en réaffirmant son «respect pour la liberté de la presse et le droit sacré à une opinion», Paul Bérenger estime une fois encore que certains au sein dans la presse auraient fait preuve de mauvaise foi, voire de parti pris, tout au long de la campagne électorale. Il cite même à ce propos deux radios privées et un quotidien.
«L’alliance PTr-MMM rompue sans rancune»
Le leader des mauves indique qu’au terme de leurs réunions de vendredi, les instances dirigeantes du MMM ont finalement décidé de mettre fin à l’alliance PTr-MMM. Cela, assure Paul Bérenger, «sans rancune et sans vouloir en quelque manière chercher de bouc émissaire». Le leader du MMM annonce aussi qu’il reprendra le poste de leader de l’opposition à la constitution de la nouvelle Assemblée nationale.
Le leader des mauves annonce l’élection de nouveaux maires dans les quatre mairies où le MMM détient la majorité (Port-Louis, Beau-Bassin/Rose-Hill, Quatre-Bornes et Curepipe) vers la fin de décembre. Il laisse aussi entendre que son parti se tient prêt à toute éventualité au niveau des municipalités, notamment l’éventualité que le gouvernement nouvellement élu profite du temps de grâce qui lui est accordé pour organiser des municipales anticipées.
L’assemblée des délégués du MMM, qui devait, d’autre part, se réunir hier après-midi pour passer en revue la situation après les résultats des élections générales, a été renvoyée à samedi prochain, 20 décembre. Cette réunion des militants de base se tiendra à 15h à la salle des fêtes de la mairie de Quatre-Bornes.
Le leader du MMM annonce aussi de nouvelles élections aux instances dirigeantes du MMM en février prochain, soit dans deux mois. Celles-ci concernent d’abord le renouvellement du Comité central, puis celui du bureau politique.
 Pas «wise after the event»
 À l’heure des questions, Paul Bérenger a concédé qu’il est clair que le MMM a subi, lors de ces dernières élections générales, une «cuisante défaite». «Je n’irais pas à ce propos jusqu’à remercier Navin Ramgoolam pour cela, mais ceux qui connaissent l’histoire du MMM savent que nous allons rebondir et rebondir bien vite».
En ce qui concerne Ivan Collendavelloo, le leader du MMM répète que ce dernier n’a pas participé aux discussions internes quand il a été question de rompre ou pas le Remake 2000 ou de l’éventualité que le MMM contracte une alliance avec le PTr ou choisisse d’affronter seul les élections. «S’il se décidait à rejoindre le parti, les instances du MMM décideront», précise Paul Bérenger.
À la lumière des résultats des élections, le leader des mauves estime que la «question clé» est de savoir si le MMM avait tort de faire alliance avec le PTr plutôt que d’affronter seul l’électorat. Mais il insiste, une fois encore, qu’il y avait dans ce dernier cas la possibilité qu’à la dernière minute le PTr choisisse de s’allier au MSM, «comme en 2010».
Quoi qu’il en soit, pour Paul Bérenger, il ne sert à rien d’être «wise after the event». «Il n’y a pas lieu de chercher des boucs émissaires». Le leader du MMM soutient que lors des assemblées de délégués, il a toujours invité les militants de son parti à exprimer librement leur opinion quant aux choix qui leur était présenté.
Il ne pense pas aussi que les partis émergents aient, de quelque manière, contribué à la mauvaise performance générale du MMM lors des dernières élections.