Le leader de la Fédération des Créoles Mauriciens, Jocelyn Grégoire, a fait sienne hier la cause des plus pauvres, des exclus, des démunis, des laissés pour compte de la société. « Oui, a-t-il lancé d’entrée, je suis un communaliste, un raciste, un noubaniste. Mais ma communauté, ma race est composée de tous ceux qui sont rejetés et exclus de la société et tous ceux pour qui les portes de l’État, de l’Église, du secteur privé sont fermées », a-t-il lancé devant un auditorium Octave Wiehe bondé, en présence de Cehl Meeah et ses collaborateurs du Front de Solidarité Mauricien.
« La pauvreté et l’injustice ne connaissent ni couleur, ni race, ni nation ni religion. Elle ne fait aucune différence entre créole, musulman, hindou ou blanc », a-t-il dit en expliquant que ce n’est pas dans ses intentions de créoliser la misère. « Je suis chrétien », a-t-il rappelé, « et l’évangile de Saint Mathieu me rappelle qu’au jour du jugement dernier des comptes me seront demandés avant que j’aie accès au royaume des cieux. Je n’ai aucun intérêt en m’engageant aux côtés des plus pauvres sauf celui d’avoir accès au royaume des cieux ».
Jocelyn Grégoire a aussi rappelé qu’il est prêtre de l’église catholique et non pas politicien et que sa vocation ne s’arrête pas à l’enseignement de l’Évangile mais le pousse à s’engager pour plus de justice sociale dans le pays et dans le monde. « Lorsque je parle de justice sociale, je parle de l’épanouissement de Dieu dans chaque individu et chaque groupe de la société ». Il s’est ensuite prononcé pour que le droit à l’information soit placé au même niveau que le droit d’expression et de pratique religieuse dans le pays. Citant le Coran, il a rappelé que le prophète Mohamed (pssl) a insisté lui aussi sur le devoir de tout un chacun de protéger les pauvres, les orphelins et que la loi islamique préconise le bien-être de chaque individu. C’est fort de cette foi qu’il a demandé à l’État de tout faire pour assurer le bien commun de tous les citoyens de Maurice à travers les institutions compétentes du pays. Il a insisté sur le droit à la santé, à l’éducation, à la sécurité et à la paix. Dans ce contexte, il a insisté sur l’égalité des chances. Il a fait mention des institutions existantes dont l’Equal Opportunities Commission et l’Equal Opportunities Tribunal. Il a insisté pour que ces institutions aient également le pouvoir de traiter les problèmes rencontrés par ceux qui considèrent que leurs chances ont été violées au niveau de la Fonction publique. Il a demandé au président de la Commission Brian Glover de bien définir les critères concernant l’égalité des chances afin de voir s’ils ont été respectés au fil des temps. Revenant sur le droit à l’information, Jocelyn Grégoire a cité l’exemple de l’Inde où les citoyens sont en mesure de demander la raison pour laquelle sa candidature à un poste dans le gouvernement a été rejetée. « À Maurice, lorsqu’un postulant à un poste dans le service de police par exemple demande la raison pour laquelle sa candidature a été rejetée, on aurait dû pouvoir la lui donner », a-t-il ajouté. S’agissant de la réforme électorale, il a réclamé une révision du découpage des circonscriptions et la fin des dynasties politiques. Il a aussi réclamé la limitation des mandats des dirigeants. Jocelyn Grégoire réclame en outre que les Rodriguais et les Agaléens soient traités comme des citoyens mauriciens à part entière. Il a aussi réclamé la création d’un bureau pour accueillir et renseigner ceux qui viennent à Maurice de Rodrigues et d’Agalega.