L’Association des hôteliers et restaurateurs de l’Île Maurice (AHRIM) a, dans une communication diffusée ce matin, accueilli favorablement la mise en place du corridor aérien Maurice-Singapour, qui doit normalement entrer en opération le 11 mars prochain. Le directeur exécutif de l’AHRIM, Jocelyn Kwok, rappelle toutefois que « l’attrait, la qualité et la compétitivité de la destination Maurice restent les éléments de base d’une offre de tourisme à l’échelle globale », avant d’insister que le fait que « c’est le tourisme qui doit convaincre l’aérien ».
Pour Jocelyn Kwok, le lancement du corridor avec Changi s’inscrit dans la logique de la création de hubs, qui fait partie de la stratégie du gouvernement et d’Air Mauritius depuis de nombreuses années déjà. « Cette logique n’est pas une décision visant à réduire les vols directs non-stop, qui restent bien sûr le choix principal du voyageur que nous visons. Mais les hubs sont aussi appelés à devenir incontournables pour le voyageur de demain », observe-t-il. D’ailleurs, explique-t-il, en 2015, le nombre de vols directs (Thompson, Lufthansa et Austrian Airlines ainsi que les vols supplémentaires des autres lignes aériennes) a enregistré une hausse. Sans compter l’avènement de Turkish Airlines, les vols supplémentaires d’Emirates ainsi que les vols spéciaux d’Air France et Air Mauritius.
Jocelyn Kwok explique que l’aéroport Charles de Gaulle, à Paris, a été un des premiers hubs majeurs pour Maurice. De même, il souligne l’importance du marché français pour notre tourisme, « qui a aussi très largement aidé bien entendu ». Le partenariat avec Emirates s’inscrivait dans une logique où Air Mauritius était aussi pleinement engagé. D’autre part, Air Mauritius, à l’échelle de la région, privilégie les hubs de Johannesburg et de Nairobi. « Leurs performances à ce jour sont à la hauteur des attentes. Turkish Airlines apporte toute la force du hub d’Istanbul, appelé à devenir sous peu le plus gros aéroport du monde. Et maintenant, Changi nous offre la possibilité d’atteindre, selon nos moyens de marketing et de promotion touristique, qui nous voulons à partir de ses 200 liens directs avec la zone asiatique », souligne Jocelyn Kwok. Il faut aussi savoir que Emirates transporte des touristes en provenance de plus de 200 aéroports à travers le monde.
Poursuivant son analyse, Jocelyn Kwok observe qu’en sus des vols directs non-stop disponibles pour certains de nos marchés, Dubaï a été additionnellement utilisé par nos touristes allemands, anglais, indiens, français et chinois dans des proportions variant de 42% à 11%. Malgré son arrivée très récente (depuis la mi-décembre), Turkish Airlines et le hub d’Istanbul nous ont apporté des touristes venus d’au moins 53 pays déjà. « Nous y retrouvons par exemple des Roumains, des Ukrainiens, des Bulgares et des Hongrois. »
« Il est clair que voyager à travers un hub devient dorénavant un choix pour un nombre grandissant de voyageurs. Avec le corridor Maurice-Singapour, Air Mauritius a toutes les chances de réussir quelque chose de majeur », fait ressortir le CEO de l’AHRIM. « Chacun des hubs a sa place dans notre logique d’améliorer notre connectivité et leur diversité nous donne un avantage comparatif indéniable, non seulement pour le tourisme mais aussi pour l’ensemble du pays », poursuit-il. Pour l’AHRIM, Maurice, du fait de son éloignement géographique, doit rester « directement connectée avec ces principaux aéroports de demain, qui verront passer de plus en plus de ces “global travellers” dont le profil toujours changeant n’est pas encore parfaitement maîtrisé par toutes les destinations touristiques du monde ».
Jocelyn Kwok conclut que le produit, « c’est-à-dire l’attrait, la qualité et la compétitivité de la destination Maurice par exemple », reste « l’élément de base d’une offre de tourisme à l’échelle globale, et c’est d’abord le tourisme qui doit convaincre l’aérien ». Et d’affirmer : « Avec son “build up” progressif de hubs incontournables, Maurice garde une avance certaine sur les autres. Et il nous faut poursuivre dans cette voie. »