Ralentissement économique, concurrence déloyale et mauvais temps ont affecté considérablement les ventes de fin d’année

Alors que les fêtes de fin d’année dopent généralement les ventes, les commerçants affichent la grise mine. Les associations des commerçants de Rose-Hill et de Port-Louis, regroupant également ceux opérant dans les foires, dressent un constat plutôt morose. Plusieurs facteurs combinés ont affecté les ventes en décembre, selon leurs représentants. Outre le mauvais temps qui est venu jouer les trouble-fête, la concurrence des marchands ambulants et le « ralentissement économique » expliquent cette situation, selon eux. Avec le salaire minimum qui augmente à la fin de ce mois, certains craignent pour leur avenir.

Les ventes de décembre permettent généralement de couvrir les frais d’opération pour au moins six mois, selon Abdoolah Ismet de l’Association des commerçants de Beau-Bassin/Rose-Hill. Mais décembre 2019 a été particulièrement difficile. Il note un ralentissement économique général dans le pays qui fait que les commerces en souffrent. « Il y a également eu la concurrence illégale des marchands ambulants, qui n’ont pas hésité à installer leurs tables devant les magasins en toute impunité. Ensuite, il y a eu le mauvais temps, mais là, on ne pouvait rien faire. »

Même constat à Port-Louis où Raj Appadu, président du Front commun des Commerçants, note que les marchands ambulants ont une nouvelle fois envahi les rues, en dépit d’un ordre de la cour. « Les maires ont signé un engagement devant la Cour suprême pour mettre de l’ordre, mais les marchands ambulants continuent à venir. Il est aussi dommage que le ministre des Administrations régionales n’ait pas trouvé le temps d’appeler les maires de Rose-Hill et de Port-Louis en particulier, ainsi que la police, pour régler la situation. Dans la capitale, il y a l’équipe Tornado, qui ne compte que quatre à cinq membres. Que peuvent-ils faire ? Au contraire, on est en train de mettre leur vie en danger. »

La conséquence, dit-il, est que les commerces ont beaucoup souffert. Raj Appadu affirme également noter, depuis quelque temps, que les Mauriciens ne dépensent plus leur argent n’importe comment. « Nous avons mené une petite enquête auprès des consommateurs et le constat est que les gens sont très conscients de nos jours. Ils gardent leur argent avant tout pour acheter le matériel scolaire ainsi qu’un cadeau pour leurs enfants. Les adultes se contenteront d’un vêtement, sans plus. »

Avec l’augmentation du salaire minimum à la fin de ce mois, les commerçants disent craignent que la situation ne se complique davantage. Raj Appadu considère, lui, qu’il est dommage qu’avec le salaire minimum, il faille payer le même montant à une personne d’expérience et à un débutant. « Tout ce que nous pouvons attendre c’est que le gouvernement de Pravind Jugnauth relance enfin l’économie. Peut-être qu’alors cela ira mieux pour nous. Autrement, je crains que des commerces ne soient contraints de licencier. »

Les commerçants affichent également des appréhensions avec le moratoire pour l’application de la Landlord and Tenant Act qui prend fin en décembre 2020. Ils souhaitent que d’ici cette date, une solution sera trouvée à leurs problèmes. Autrement, disent-ils, il faudra envisager un nouveau moratoire pour permettre aux commerçants de garder la tête hors de l’eau.