La démolition du mur de 10 mètres au morcellement Hermitage à Coromandel, dont un pan s’est effondré dans la nuit du 19 au 20 août dernier, se fera aussitôt que le rapport de procédures du propriétaire/promoteur du projet sera soumis à la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill. Lors d’une réunion vendredi à Rose-Hill entre Hans Rooplall Beerjeraz (propriétaire), les officiers de la mairie et le maire Norbert Froget, il a été convenu que M. Beerjeraz offrira aux habitants une assurance en cas de dégât matériel.
La démolition du mur à Morcellement Hermitage représente un vrai danger, et la complexité de l’opération nécessite l’avis d’experts. L’effondrement de ce mur a rendu impraticable la rue Maxime Boodoo, qui à ce jour est toujours obstruée de pierres et d’amas de terres. Le déblaiement de la route et la démolition du mur pourraient entraîner l’éboulement de pierres volcaniques qui sont encore retenues, alors que la brèche ne cesse de s’élargir. Un rapport technique du ministère de l’Environnement a été soumis à la municipalité concernant ce terrain, appartenant à Hans Rooplall Beerjeraz. Depuis l’incident, la mairie oeuvre en collaboration avec le ministère de l’environnement, la police, la Special Mobile Force et le département des Bois et Forêts du ministère de l’Agro-industrie pour connaître la marche à suivre pour la démolition du mur.
Lors d’une réunion vendredi dernier à Beau-Bassin/Rose-Hill, Hans Rooplall Beerjeraz, accompagné de conseillers en ingénierie de la firme Gibb Mauritius, a pris connaissance des exigences de la municipalité concernant les travaux de réparation et des mesures à suivre afin de procéder à la démolition du mur. Il a ainsi été décidé que M. Beerjeraz devra fournir aux habitants une assurance réparation en cas de dégâts matériels durant la démolition. « Si de la terre s’écroule, les habitants devront être protégés », affirme-t-on à la mairie. M. Beerjeraz devra également construire un mur de soutènement afin de prévenir que la terre ne dévale la pente. Le rapport sur les procédures envisagées qui sera soumis par Gibb Mauritius à la municipalité devra cependant être visé par la National Development Unit (NDU) et d’autres autorités compétentes avant d’être approuvé.
Du côté de Gibb Mauritius, on indique avoir été contacté par le promoteur il y a trois semaines. « Nous présenterons un rapport de procédure à la mairie qui indiquera de quelle manière la démolition du mur aura lieu sans pour autant affecter les maisons du quartier », déclare-t-on. Contacté au téléphone, Hans Rooplall Beerjeraz affirme au Mauricien que « c’est la sécurité des habitants qui importe ». « Les travaux pour la démolition du mur débuteront aussitôt que j’aurai mon Building and Land Use Permit de la municipalité de BB/RH », dit-il. La municipalité, elle, précise que le Building and Land Use Permit sera « temporaire ». « Elle permettra uniquement la construction d’un mur de soutènement afin d’éviter d’autres dégâts et ne permettra pas d’autres travaux car il ne faut pas oublier que nous avons émis un Stop Notice (NdlR : le 23 juin dernier) », dit notre interlocuteur.
« Dès que le rapport sera prêt, le promoteur, les ingénieurs, le contracteur, les habitants, la police et la municipalité prendront connaissance des procédures autour d’une même table », a pour sa part soutenu Norbert Froget.
Jacques Nombro, porte-parole des habitants de Coromandel, salue pour sa part les initiatives de la municipalité. Après une rencontre avec Norbert Froget hier à ce sujet, les habitants affichent la satisfaction face aux propositions de la mairie. Toutefois, disent-ils, l’effondrement du mur n’est que la « partie émergée de l’iceberg ». D’autres travaux de terrassement sur un site de construction sur la berge gauche de la Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO) et à la rue Maxime Boodoo auraient causé l’affaiblissement de terrain, menaçant plus d’une dizaine de maisons, soutient un rapport de l’architecte maître d’ouvrage Hervé Michel Grillon, soumis le 25 août. En cas de grosses pluies, une dizaine de maisons risqueraient ainsi de s’effondrer et des glissements de terrain ne sont pas à exclure.
Rappelons que depuis l’incident, des policiers ont été dépêchés sur les lieux pour veiller à la sécurité des habitants.