« Le Qatar est en chantier pour accueillir la Coupe du Monde de la FIFA en 2022. Mais, le développement se fait grâce au labeur des étrangers d’Afrique, d’Asie et de Maurice qui sont exploités à l’extrême ! » soutient le Mauritius Trade Union Congress (MTUC). L’instance syndicale attire l’attention sur l’exploitation d’étrangers « dans des conditions des plus inhumaines » et invite les autorités à protester contre le choix de ce pays. Ses représentants ont, par ailleurs, lors d’un point de presse hier, exprimé leur satisfaction « en général » concernant le rapport Manraj sur les anomalies du PRB 2013 tout en relevant certaines « lacunes ». Ils ont d’autre part réclamé la réintégration du syndicaliste Hemraj Madhow au MITD « le plus vite possible et sans conditions ».
Le président du MTUC, Dewan Quedou, accueille favorablement le rapport Manraj. Un travail abattu, dit-il, « en trois mois alors que celui de M. Aujayeb avait pris 5 ans ». M. Quedou dit apprécier l’élimination d’appellations « gender bias » à certains postes tels draughtsman et gangman. Désormais, ils seront connus comme technical design officer et field supervisor respectivement. « Nous avions demandé que soit enlevé “man” dans un esprit d’égalité de chances ». Dewan Quedou s’est en outre réjoui que l’écart salarial entre employés ait été réduit et que la durée de service sera maintenant prise en considération dans les pension benefits. « Au-delà de 33 ans 1/3 de service, si l’employé continue à travailler, il percevra 2 % de son salaire annuel, ce qui est une décision très valable ». Autre point positif pour le MTUC : l’élimination du poste d’Assistant Procurement & Supply Officer. Ces officiers seront, d’ici juin 2013, promus Procurement & Supply Officers.
Quant aux lacunes relevées par le MTUC, il y a, soutient M. Quedou, une « confusion » au niveau de la requête d’une risk and hazard allowance à l’intention des employés de la Waste Water Management Authority, qui, selon le MTUC « travaillent dans un environnement insalubre en présence de matières fécales et d’odeurs nauséabondes ». Or, selon le MTUC, au lieu de ces employés, ce sont les Scientific and Technical Grades de la CWA qui ont bénéficié d’une allocation spéciale. « C’est une erreur qu’il faudrait rectifier ».
Autre lacune du rapport Manraj, aux yeux du MTUC : les « salary scales qui deviennent plus longs ». Si cette recommandation s’avère intéressante pour ceux qui travailleront plus longtemps, « les employés qui prendront bientôt leur retraite et qui ont déjà atteint le top de leur salary scale seront pénalisés », estime Dewan Quedou. Le MTUC demande que ces derniers « puissent percevoir leur top salary car il ne leur manque qu’un ou deux increments ».
Solidarité
De son côté, le secrétaire général du MTUC, Nundeo Chacoory, relève une lacune concernant le field staff. Autrefois, « le field staff qui comptait 22 ans de service était éligible au car mileage. Le rapport Manraj a repoussé cet avantage à 25 ans de service ». M. Chacoory dit souhaiter que soit revue cette recommandation.
S’agissant de la Coupe du Monde 2022 de la FIFA au Qatar, Dewan Quedou indique qu’un congrès de trois jours se tiendra les 29, 30 et 31 mai à Maurice en présence du président de la FIFA. Selon lui, la Confédération syndicale internationale (CSI) qui compte trois confédérations mauriciennes dont le MTUC, a invité ce dernier à être la voix de ces étrangers « travaillant dans des conditions des plus inhumaines au Qatar et privés des droits humains les plus basiques. Parmi, il y a de nombreux Mauriciens qui sont aussi sujets à de tels traitements, particulièrement ceux engagés dans des travaux domestiques ». Le MTUC dit condamner la tenue de la Coupe du Monde 2022 au Qatar et invite les autorités mauriciennes à le soutenir pour relancer les votes pour qu’un autre pays soit choisi et pour que des changements soient apportés sur le plan du traitement des travailleurs étrangers au Qatar.
En ce qui concerne l’affaire MITD, le MTUC a exprimé sa solidarité envers le président de la MITD Employees Union, Hemant Madhow, et a réclamé sa réintégration « le plus vite possible et sans conditions ». « Nou deplor ki li finn sispann enn deziem fwa sa lane-la parski li ti pe lev so lavwa en tan ki sindikalis ». S’agissant des cas allégués de pédophilie, les représentants du MTUC disent avoir le sentiment que « le problème ne se limite pas qu’au MITD ». Il y aurait bien d’autres endroits où se déroulent des cours d’éducation physique tels des collèges, des centres de jeunesse qui connaîtraient le même problème. « Mais, les cas ne sont pas dénoncés ». C’est ainsi que le MTUC propose que davantage de femmes éducatrices d’exercices physiques soient employées, « surtout là où il y a des jeunes filles ».