Le procès des deux accusés, Avinash Treebhoowon et Sandip Moneea, dans le meurtre de Michaela Harte McAreavey débutera le mardi 22 mai en cour d’assises présidée par le juge Prithiviraj Fekna. Le cadavre de la jeune irlandaise, venue en lune de miel à Maurice, avait été découvert par son époux John McAreavey le 10 janvier 2011 dans la chambre 1025 qu’occupait le couple à l’hôtel Legends à Grand-Gaube.
Avinash Treebhoowon (accusé No 1) et Sandip Moneea (No 2), les deux inculpés dans le meurtre de l’irlandaise Michaela Harte McAreavey travaillaient à l’époque à l’hôtel Legends à Grand-Gaube – rebaptisé Lux* Grand-Gaube – comme Room Attendant et Floor Supervisor respectivement. L’accusé No 1, un habitant de Dhalia Road à Plaine-des-Roches, qui avait au départ avoué sa participation dans ce crime s’était rétracté en soutenant que les enquêteurs l’avaient frappé pour obtenir des aveux. L’accusé No 2, un habitant Piton, a quant à lui toujours clamé son innocence. Onze jours ont été retenus par la Cour suprême pour le déroulement du procès.
Le meurtre de Michaela Harte McAreavey a causé un certain émoi dans les milieux touristiques à Maurice et en Irlande où les familles Harte et McAreavey sont très connues. Le père de la victime, Mickey Harte, est un entraîneur de football très estimé dans son pays alors que l’oncle de l’époux de la victime John McAreavey est évêque catholique.
La chaîne de télévision nationale RTE a d’ailleurs consacré en avril 2011 un documentaire d’une durée de 45 minutes sur ce crime. La presse irlandaise a aussi suivi l’enquête préliminaire qui s’est déroulée en cour de district de Mapou, présidée par la magistrate Sheila Bonomally. Plusieurs journalistes avaient aussi fait le déplacement à cette occasion.
« Finding Peace »
Dans le documentaire télévisé, « Finding Peace » – dont notre confrère Week-End a consacré une page dans son édition du 24 avril 2011–, John McAreavey a eu l’occasion de revenir sur les derniers moments passés avec son épouse alors âgée de 27 ans et qui travaillait comme institutrice. Le veuf a souligné que la lune de miel avait commencé à Dubaï, après avoir convolé en justes noces le 30 décembre 2010.
Pour John McAreavey, il s’agissait d’un « dream holiday ». Le séjour du couple à l’hôtel Legends a ainsi démarré comme un conte de fées. Le jour du drame, rien ne présageait que sa vie allait basculer dans l’horreur. Car le jour du meurtre, comme le rapporte Week-End, tout présageait que le couple allait connaître une merveilleuse journée.
John McAreavey a relaté de la manière suivante ce « another beautiful day » : Après leur réveil, Michaela et lui ont pris le petit-déjeuner. Il est ensuite allé suivre un cours de golf et elle à la piscine, où il l’a rejoint. Quelques minutes plus tard, ils se sont dirigés vers le restaurant pour le déjeuner. C’était le dernier moment qu’ils ont passé ensemble.
À une question du journaliste qui a animé le documentaire, John McAreavey a confirmé que Michaela était partie dans la chambre pour prendre des biscuits au chocolat qui se trouvaient dans le réfrigérateur. Ne la voyant pas revenir, il a pris la décision d’aller la rejoindre. Comme la porte était fermée à clé, il a été chercher un employé de l’hôtel. En entrant à l’intérieur, il a vu la jeune femme dans la baignoire. Elle était inanimée.
« It was absolute shock and horror. (…) I ran over, sat her down, screamed for help. All sort of thoughts were going through my head, that there has been an accident, that something happened. Your mind is just racing. The porter guy came back in and I was shouting at him to go and get help», a expliqué l’époux de la victime. Entre-temps, le directeur de l’hôtel était arrivé en compagnie d’une autre personne. Quelqu’un a fait un massage cardiaque à la jeune femme, alors que lui, il la tenait en lui disant : « Come on Michaela, come on… » Quelques minutes plus tard, un médecin appelé par l’hôtel n’a pu que constater le décès de la victime. John McAreavey devait déduire que la mort de son épouse n’était pas naturelle.
Mickey Harte
Intervenant également dans ce documentaire, Mickey Harte a laissé échapper que « we still miss Michaela dreadfully everyday. (…) I don’t have the belief that Michaela is in a place where she can influence our lives ». Il a déclaré qu’il conservera toujours le souvenir d’une jeune femme adorable et joyeuse qui vivait pleinement sa vie.
Plusieurs proches de la victime ont fait le déplacement pour suivre le procès. Outre John McAreavey, qui est assigné comme témoin de la poursuite, son père et sa soeur, ainsi que le frère de la victime seraient déjà sur place. La belle-soeur de la victime, Claire McAreavey, qui est une avouée exerçant à Londres, serait aussi présente. La délégation est prise en charge par l’Évêché de Port-Louis, a déclaré Me Dick Ng Sui Wa, l’avocat qui représentera les intérêts de la famille lors du procès.
« On or about the 10th day of January in the year two thousand and eleven, at Legends Hotel, Grand Gaube, in the District of Rivière du Rempart, 1. Avinash Treebhowoon, then aged 29, Room Attendant at Legends Hotel, residing at Dhalia Road, Plaine des Roches, and 2. Sandip Moneea, then aged 41, Floor Supervisor at Legends Hotel, residing at School Lane, Petit Raffray, did criminally, willfully and with premeditation kill one Michaela Mary Harte, an Irish national also known as Michaela Mary McAreavey. Against peace of the State against the form of the Act in such case and provided, to wit : Sections 216, 217 and 222 (1) (a) of the Criminal Code. »
L’accusation sera soutenue par un trio d’avocats du Bureau du DPP, soit Mes Rashid Abdool Ahmine, Senior Assistant DPP, Mehdi Kumar Shakeel Choony, Principal State Counsel et Jagganaden Muneesamy, State Counsel. Avinash Treebhoowon sera défendu par Mes Sanjeev Teeluckdharry et Ravi Rutnah. Sandip Moneea  a quant à lui retenu les services de Me Rama Valayden, qui sera assisté de Mes Neelkanth Dulloo, Rouben Mooroongapillay et Arassen Kallee.