Les opérateurs touristiques, s’interrogeant sur l’avenir de ce secteur, réclament des mesures d’urgence

Le mood positif avec la levée du couvre-feu sanitaire, jeudi dernier, s’est facilement estompé à Rodrigues. La tension et les appréhensions étaient des plus palpables au sein de la communauté des opérateurs du secteur touristique lors des consultations pré-budgétaires d’hier matin consacrées aux difficultés provoquées par la pandémie de COVID-19 notamment dans le tourisme et dans l’île en général. La présentation du budget à l’Assemblée régionale de Rodrigues par le chef-commissaire, Serge Clair, est annoncée pour le 30. La question qui hante les Rodriguais porte sur des mesures en vue de venir en aide aux opérateurs, et surtout sauvegarder les emplois. Le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, en a pris pour son grade car que « des mesures de soutien annoncées ne sont pas applicables en faveur des Rodriguais ».

Les demandes prioritaires soumises à l’approbation de l’Assemblée régionale de Rodrigues par la principale organisation, réunissant les opérateurs dans le tourisme, ARTO, portent sur le paiement des salaires des employés de ce secteur, l’annulation du paiement des baux et des licences aussi bien qu’une révision de la politique de gestion touristique. Le volet de la santé publique a aussi été abordé.
Pendant plus d’une heure et demie d’échanges, marqués par des moments de tension, les opérateurs touristiques se sont appesantis sur ce que compte faire l’Assemblée régionale en prévision du prochain budget pour venir en aide au tourisme.

Les membres de l’Executive Council de l’Assemblée régionale ont eu fort à faire pour souligner que « ce ne sont que des consultations pré-budgétaires et que les doléances et propositions sont consignées en vue d’être étudiées ».
De son côté, Serge Clair a donné le ton de l’austérité en soulignant que dans la conjoncture « il faut oublier promotions, création de nouveaux postes de même que des projets d’infrastructure et donner priorité à des mesures d’urgence pour faire face à cette situation sans précédent ».

Christian Léopold, intervenant au nom de l’ARTO, a défendu la thèse que le retour des touristes dans l’île n’est pas pour demain. Il a fait état des risques de « licenciements massifs dans ce secteur dans un proche avenir ». « Bef dan disab, sakenn get so lizie », ajoute-t-il en confirmant que « les hôteliers ne pourront pas résister si rien n’est fait ».

De son côté, la commissaire Franchette Gaspard Pierre-Louis a dépeint un tableau des plus sombres au plan des Petites et moyennes entreprises (PME). Le commissaire de l’Emploi, Daniel Baptiste, a fait état de doléances consignées de la part des employés, qui n’ont pas été payés sous le Wage Assistance Scheme à la fin de mars.

Les consultations pré-budgétaires devront se poursuivre avec des échanges sur les secteurs de l’agriculture, des PME et de l’éducation.