Depuis très tôt hier matin les limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT), sous la supervision de l’assistant commissaire de police, l’ACP Yousouf Soopun, et des membres de la CID de Rivière-Noire menés par l’assistant surintendant Daniel Monvoisin et de Goodlands sont sur la brèche avec deux cadavres sur les bras. À Plaine-Champagne, le cadavre d’une femme âgée entre 16 et 20 ans a été retrouvé dans un sac en plastique dans un ravin alors que sur un terrain vague servant de dépotoir à Belmont, des ossements humains attribués à un homme âgé entre 30 et 40 ans ont été découverts dans un freezer abandonné. Dans les deux cas, la principale difficulté des enquêteurs de la police est de confirmer l’identité des deux victimes. À la mi-journée, l’accent était sur les cas de Missing Persons rapportés officiellement ces derniers temps en vue de déterminer des pistes d’enquête.
« Dès que nous arriverons à établir l’identité de la femme, nous allons pouvoir donner une nouvelle impulsion à cette enquête criminelle où plus d’un suspect est impliqué compte tenu des circonstances et du déroulement de ce crime », affirme-t-on de sources policières autorisées ce matin. Dans cette perspective, un appel à témoins a été lancé par la police en vue d’obtenir des informations des membres du public qui auraient pu constater des mouvements suspects sur la route de Plaine-Champagne ou dans les environs où sont situés les terrains de chasse, dont un connu comme le chassé Merven.
À la mi-journée, le standard de la police avait enregistré des premiers appels dans le cadre de la confirmation de l’identité de la victime. Sur la base des informations fournies, tout semble indiquer que ce problème pourrait être résolu dan les meilleurs délais. Le cadavre, qui se trouve à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC), n’avait pas encore été réclamé officiellement par des proches à la mi-journée. Mais aucune des sources policières interrogées n’a voulu s’aventurer pour confirmer si cet exercice d’identification de la victime pourrait être complété en fin de journée.
L’autopsie du cadavre pratiquée dans la journée d’hier par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, attribue le décès à un étouffement puisque les auteurs du crime ont placé un sac en plastique sur la tête de la jeune femme. Le détail le plus important est que le décès remonte à entre trois et cinq jours, selon les conclusions de l’autopsie. La police demande aux conducteurs et autres personnes ayant utilisé ce tronçon de route à Plaine-Champagne au cours de la semaine et qui seraient en présence de détails suspects sur des mouvements de véhicules ou d’hommes dans les parages de venir de l’avant.
Prélèvements
Ce matin, des limiers de la MCIT et de la CID de Rivière-Noire ont été dépêchés de nouveau à Plaine-Champagne en vue de passer au peigne fin les lieux où a été balancé le cadavre de la victime et les environs. L’objectif est de tenter de retrouver des preuves ou autres indices, comme des traces de pneus susceptibles de remonter jusqu’aux meurtriers. Toutefois, la préoccupation majeure reste l’identité de cette jeune femme venant d’un milieu relativement aisé car elle avait une couronne dentaire dans sa bouche.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources policières indiquent que le crime de Plaine-Champagne ressemble à un véritable règlement de comptes. La victime, qui avait un sac en plastique placé sur sa tête jusqu’au cou, avait les mains ligotées dans le dos de même que les pieds.
Le cadavre a également été enveloppé dans un molleton avant d’être placé dans un sac en plastique et balancé dans un ravin situé sur des State Lands en bordure de la route de Plaine-Champagne. Autour du cou de la victime se trouvaient trois chaînes, dont une avec un médaillon d’une tortue sculptée sur du bois et une autre avec des pierres de couleur noire.
La victime mesure 1 mètre 70, est de teint clair, d’origine asiatique avec des cheveux courts d’une vingtaine de centimètres. Elle portait un T-Shirt de couleur noire avec un Top sans manche rouge et une chemise de couleur bleu foncé et des sous-vêtements de couleur rouge. Elle avait également une couronne dentaire.
L’autopsie n’a relevé aucune trace de blessures sur le cadavre. Vu l’état de décomposition, la mort remonte à entre trois et cinq jours. Le médecin légiste n’a pu confirmer si la victime a été agressée sexuellement. Des prélèvements ont été effectués et envoyés au Forensic Science Laboratory à des fins d’analyses à cet effet.
Par ailleurs, dans le cas du cadavre découvert dans un freezer, l’enquête policière pourrait délaisser la piste criminelle sur la base de l’absence de cause du décès et de l’état des lieux. Très tôt hier, les membres de la CID du Nord, notamment de Goodlands et de Poudre-d’Or, ont été informés de la présence d’ossements humains. L’autopsie pratiquée n’a pu déterminer les causes exactes du décès en raison de l’état avancé de décomposition. Aucune trace de blessure n’a été relevée jusqu’ici en vue de confirmer la thèse du Foul Play. Le décès remonterait à environ trois mois.
Dans le freezer où se trouvaient les restes humains, il y avait une oreille, une couverture et un capuchon appartenant à la victime. L’enquête de la police s’oriente sur la thèse d’un sans domicile fixe (SDF) qui avait converti le freezer en lieu de repos et qui à un certain moment serait décédé à l’intérieur.
Néanmoins, le casse-tête de l’identité de cette victime n’avait pas encore été résolu à la mi-journée. Si la thèse du SDF se précise, il deviendra encore plus difficile pour la police de conclure cette enquête à moins qu’une des connaissances de cet homme âgé entre 30 et 40 ans ne vienne de l’avant avec des preuves irréfutables au sujet de son identité.