Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans son intervention au sommet de la SADC au Malawi ce week-end, a souligné que Maurice est partie prenante dans la recherche d’une solution démocratique à la crise politique qui secoue Madagascar depuis 2009. Il a réclamé une initiative plus dynamique de la part des pays membres de la Communauté de Développement de l’Afrique australe afin de débloquer la situation dans la Grande Île.
« Les pays de la SADC devraient adresser un message plus fort à l’intention des acteurs politiques malgaches qui ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la marche à suivre pour rétablir le processus démocratique », a dit le Premier ministre. Il a estimé que ce serait dans l’intérêt de Madagascar mais aussi de celui de la région que le peuple malgache puisse retrouver ses droits de se choisir dans les plus brefs délais un gouvernement par le biais d’élections libres et démocratiques.
Tout en reconnaissant des développements positifs, notamment la restructuration de la Commission électorale spéciale (CES), Navin Ramgoolam a expliqué que Maurice comme voisin de Madagascar est partie prenante dans la recherche d’une solution démocratique à la crise que traverse ce pays. Ainsi, Maurice s’est engagée à contribuer 500 000 dollars à l’organisation d’élections générales à Madagascar.
Toujours concernant Madagascar, les dirigeants de la SADC ont salué « l’audace » de la Cour électorale malgache qui a annulé trois candidatures contestées à la présidentielle, dont celle de l’actuel homme fort de Madagascar Andry Rajoelina.
« Tout en félicitant la Cour électorale spéciale (malgache) pour sa décision audacieuse », la SADC a demandé une accélération du processus pour l’organisation de l’élection.
« Les efforts prolongés et douloureux ont porté leurs fruits », a commenté la dirigeante du Malawi et toute nouvelle présidente de la SADC, Joyce Banda, à la fin du sommet de deux jours à Lilongwe.
La Cour électorale malgache a annoncé samedi avoir annulé les candidatures d’Andry Rajoelina mais aussi de l’ancien président Didier Ratsiraka et de l’épouse de l’ancien chef de l’État Marc Ravalomanana, Lalao Ravalomanana.
Le mois dernier, le médiateur de la SADC, Joaquim Chissano, avait demandé aux trois candidats controversés de retirer leur candidature sous peine de sanctions. La communauté internationale, dont l’aide financière est vitale pour la Grande Île, attendait le retrait de ces trois candidatures acceptées en violation du code électoral malgache.
Aucune date n’a encore été fixée pour l’élection présidentielle que l’île attend depuis quatre ans. Elle est censée sortir le pays de la crise politique déclenchée en 2009 par le renversement de Marc Ravalomanana par le maire d’Antananarivo de l’époque, Andry Rajoelina, devenu depuis président non élu d’une transition.
Dans son discours, Navin Ramgoolam a évoqué le combat contre le VIH/sida. Il a demandé aux États membres de la SADC de s’engager dans un lobbying intense afin de mobiliser de nouvelles contributions au Fonds global de 15 milliards de dollars mis en place pour combattre ce fléau en Afrique australe. Citant l’expérience mauricienne, le Premier ministre a déclaré que les initiatives prises dans le pays pour mitiger les effets du VIH/sida ont été concluantes et que d’autres pays d’Afrique ont par la suite adopté des programmes similaires.
Par ailleurs, Maurice a fait un plaidoyer pour que les spécificités des petits États insulaires en développement soient prises en considération dans l’élaboration et le financement du Programme régional de développement d’infrastructures au niveau des États membres de la SADC.
La sécurité alimentaire a fait l’objet de longues discussions et le potentiel de la région d’atteindre l’autosuffisance alimentaire a été reconnu. Dans ce contexte, une réunion spéciale des ministres de l’Agriculture de la région sera tenue sous peu.
Le sommet du Malawi s’achève avec un double événement majeur en termes d’autonomisation des femmes africaines. En effet, c’est Joyce Banda, la présidente du Malawi, qui assume dorénavant la présidence de la SADC. Cet événement a coïncidé avec l’élection d’une économiste tanzanienne, le Dr Stergomena Tax, comme secrétaire générale de la SADC. Elle succède au Mozambicain Tomax Augusto Salomao.
La SADC regroupe 15 pays d’Afrique, en l’occurrence l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, la République démocratique du Congo (RDC), le Lesotho, Madagascar (actuellement suspendu), Maurice, le Mozambique, la Namibie, les Seychelles, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.