Situé à Trou Fanfaron, route du quai, Port-Louis, l’ancien hôpital Militaire, construit durant la colonie française, est appelé à reprendre vie. Il abritera le musée de l’esclavage, initialement prévu à La Citadelle.
Bien que les autorités compétentes se penchent toujours sur ce dossier, l’institution d’un Comité pour étudier la création d’un musée de l’esclavage démontre la volonté du gouvernement à concrétiser un tel lieu pour la promotion de l’histoire ainsi que la préservation du patrimoine de notre île. Parmi une des décisions qui en ressort : la création d’un musée dans l’ancien hôpital Militaire Labourdonnais. Alors que les grandes lignes de ce projet sont à l’étude, la communauté des historiens de Maurice accueille cette initiative à coeur ouvert. Le site situé dans une zone tampon est idéal pour accentuer la promotion de la culture et la destination Maurice-patrimoine. « C’est une nouvelle image de Port-louis qui risque de voir le jour. C’est complètement à l’opposé de ce qui se passe dans les principaux artères de la capitale. Les visiteurs auront la possibilité d’être au coeur d’une zone de Port-Louis remplie de richesse et de l’histoire de sa population », affirme un historien. En 2011, il fut annoncé que la bâtisse abrite la galerie d’art nationale du pays. Cependant, le projet d’un musée de l’esclavage figure dans les recommandations de la Commission Justice et Vérité sur l’esclavagisme. Initialement prévu à la Citadelle, il est convenu que le musée de l’esclavage regroupe un inventaire des actes notariés depuis la vente des premiers terrains. Prenant connaissance du rapport, le gouvernement s’était engagé à honorer la mémoire des esclaves et des travailleurs engagés qui ont contribué à bâtir le pays. D’ailleurs, le site d’Aapravasi Ghat connaît actuellement des développements majeurs concernant son plan d’aménagement.
Le premier bâtiment construit dans les Mascareignes
Avec plus de 300 ans d’existence, rappelons que l’hôpital Militaire Labourdonnais est enregistré comme un des plus anciens bâtiments officiels du pays et des Mascareignes. Il fut érigé sous la tutelle du gouverneur français Mahé de Labourdonnais et fut inauguré en 1740. D’ailleurs, c’est l’absence d’un hôpital qui pousse ce dernier à envisager cela. Cette bâtisse, composée de trois bâtiments (dont un utilisé en tant qu’entrepôt) pouvait alors comporter 300 lits. Une bâtisse où furent soignés esclaves et marins européens, bien que les premiers nommés recevaient les traitements uniquement au rez-de-chaussée. Elle fut également utilisée au 19e siècle en tant que dépôt d’immigration, avant l’ouverture de l’Aapravasi Ghat. Pour les passionnés d’histoire et du patrimoine mauricien, la réhabilitation de ce site est un « moyen symbolique de rendre hommage aux constructeurs de la colonie française qui ont bâti notre île ».