Trente minutes. C’est le temps pris par les commandos du National Coast Guard (NCG) pour maîtriser des pirates qui avaient pris d’assaut un bateau au large de Maurice jeudi lors de l’opération Cutlass Express. Cette mise en scène désignée par l’US Africa Command et l’US Naval Forces Africa NAVAF visait à évaluer la capacité de réaction de la NCG dans ce genre de situation. Pour l’occasion, c’est le CGS Barracuda qui a été utilisé comme l’embarcation ciblée par les malfrats.

Aussitôt l’alerte donnée, une équipe de commandos de la NCG armée des fusils ont quitté le CGS Victory en patrouille au large de Port-Louis pour prendre place dans un “fast interceptor”. Dans un premier temps, ils ont suivi les mouvements du Barracuda afin d’identifier la meilleure position pour ce “boarding exercice”. L’opération était périlleuse puisque le bateau était en mouvement. Une fois à bord, les commandos ont sécurisé la plateforme du bateau avant de s’attaquer aux pirates dans la cabine du capitaine. Ayant eu le contrôle du navire qu’ils ont stoppé, ils ont fouillé de fond en comble les différents compartiments pour mettre la main sur d’autres malfrats. Après leur arrestation, ces derniers ont été placés sur la plateforme sous stricte surveillance en attendant de toucher terre.

Outre les commandos mauriciens, les éléments du garde-côte mozambicain ont également passé cet exercice qui s’est déroulé sous les yeux de huit membres de l’US Navy. « Nous sommes ici pour améliorer les techniques des officiers de la NCG et non imposer un différent entraînement », a souligné le lieutenant Jerry Wilkins. Et d’ajouter que « nous allons soumettre nos observations aux responsables de la NCG à la fin du Cutlass Exercice ».

Selon ce haut gradé de l’US Navy, ce genre d’exercice « est une grande opportunité de collaboration pour les États de l’Afrique de l’Est ». Des séances de théorie et de pratique ont eu lieu avec les éléments du garde-côte mauricien et mozambicain dans l’île. Jerry Wilkins est d’avis que « l’exercice permettra d’établir une coordination entre les pays de la région pour lutter contre les différentes menaces en mer ». Avis partagé par Nicholas Von Mertens du département Public Affairs de l’ambassade des États-Unis à Maurice. Ce dernier devait préciser que cet exercice se déroule également dans d’autres pays de l’océan Indien comme les Seychelles. « Le but est d’assurer que ces pays ont la capacité de patrouiller leurs eaux territoriales et d’en assurer la sécurité ».

De son côté, l’ASP Geeandeo Cheetumun de la NCG a rappelé que son unité a participé à cet exercice dans le passé. Et qu’ils sont environ 125 officiers qui ont répondu à l’appel pour le Cutlass Exercice cette année. « Avec la piraterie, la contrebande, le trafic de drogue et l’immigration clandestine, il est impératif pour nous de lutter contre ces menaces. Avec cet exercice, nous pouvons tester nos forces et en même temps échanger des idées et des techniques auprès des participants étrangers ». Il a souligné que pendant deux jours, la NCG a déployé toute sa logistique dont le CGS Barracuda et le Martime Air Squadron. Par ailleurs, le responsable du Police Press Office, l’inspecteur Shiva Coothen, a indiqué : « Ena bann trafikan de drog pe servi lavwa maritim pou fer zot sal bezogn. Nou bizin kapav kont kare zot plan ».