SONAKSHI DEERPALSING

Le 17 novembre 2019 apparut le premier cas d’une pandémie dont de nombreux experts, qui avaient déjà tiré la sonnette d’alarme depuis plusieurs années, craignaient l’émergence. Sans surprise, les chefs d’État ne s’en sont pas souciés, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Comme avec cette crise sanitaire, la crise climatique est traitée avec des solutions de fortune à des problèmes ponctuels – parfois même, ces problèmes ponctuels ne sont tout simplement pas adressés. On semble favoriser la réaction, méthode qui s’avère extrêmement coûteuse, au lieu de prévenir et bâtir un nouveau modèle.

On pourrait se demander s’il serait possible d’apprendre et de s’inspirer de cette crise sanitaire qui a déjà marqué et continue de marquer nos vies afin de combattre cette autre crise qui risque de marquer la fin de notre espèce : le changement climatique. Le confinement a souligné le fait que le système environnemental de la Terre est capable, comme on le savait déjà, de se régénérer si on lui donne cette opportunité. En effet, de nombreux animaux sauvages semblent profiter des rues désertes pour se balader au milieu des rues et même la qualité de l’air s’est globalement améliorée alors que de nombreuses activités économiques sont en pause. Cependant, il serait dangereux de naïvement se contenter de ces signes d’une amélioration de l’écosystème terrestre en souhaitant un retour à la « normale ». Si l’on repart au statu quo une fois le danger que représente Covid-19 passé, ce sera retour à la case départ pour l’environnement. Alors que l’on se focalise sur la possibilité d’une deuxième vague de la pandémie sur le court terme, il ne faut pas pour autant mettre sur pause le discours autour de nombreuses vagues de l’effondrement climatique qui nous attendent.

Contrairement à un virus, la crise climatique n’a pas de vaccin. Une fois que nous dépassons le point de basculement de 2ºC au-delà des niveaux pré-industriels dans le système climatique, il n’y aura pas de retour en arrière et les modèles suggèrent que la planète deviendra éventuellement inhabitable pour l’espèce humaine. La crise sanitaire nous l’a montré : il est possible pour l’humanité de se rallier lorsqu’il s’agit de la survie collective et il est donc possible de tous s’allier afin de permettre aux générations futures de voir le jour. Cependant, il est aussi important de noter qu’il ne s’agit pas d’une problématique d’avenir qui ne touchera que nos enfants, car les répercussions se ressentent déjà et de nombreuses personnes meurent tous les ans à cause des retombées de la crise climatique. On peut se demander pourquoi nous n’avons pas réagi en tant que communauté mondiale afin de prévenir ces décès et c’est là que l’on peut remarquer une grande différence entre les deux crises. Alors que Covid-19 ne discrimine pas et peut infecter qui que ce soit, le changement climatique, lui, touche d’abord les moins privilégiés, qui malheureusement ne possèdent pas le pouvoir politique ou monétaire afin de se protéger et pousser le monde à l’action.

Les personnes, qui défendent et maintiennent le système capitaliste, sont responsables de mettre la vie de nombreuses personnes en danger. Il n’y a pas assez de mesures préventives contre le changement climatique, pas assez de mitigation de l’impact du système capitaliste sur le climat, et l’existence même du capitalisme est un danger pour la vie humaine car son existence dépend de l’exploitation d’une majorité pour le profit d’une minorité. Ainsi, cette minorité gagne automatiquement plusieurs privilèges auxquels la majorité n’a pas accès. En situation de crise, les désavantages auxquels la majorité exploitée fait face sont exacerbés car l’accès aux ressources est plus difficile qu’en période « normale »; c’est pour cela que cette crise sanitaire rend les failles du système encore plus visibles.

Nous devons donc impérativement nous engager à réfléchir à un nouveau système et le construire en favorisant le développement humain, l’égalité et le respect de l’environnement naturel si nous voulons survivre en tant qu’espèce et si nous voulons éviter les nombreuses morts causées par le changement climatique et par de potentielles pandémies futures. Il est impossible de régler un problème systémique avec de nouvelles lois ou une forme légèrement altérée de ce même système. Nous sommes la dernière génération à pouvoir sauver l’humanité des dégâts du capitalisme, nous sommes les seuls à pouvoir empêcher la crise climatique de faire davantage de victimes. Prouvons que l’humanité est soudée face à n’importe quelle crise, comme nous le sommes déjà face au Covid-19.