La volonté de Maurice d’opérer comme une passerelle entre les pays asiatiques et l’Afrique a été soulignée hier lors de la cérémonie de signature d’accord de coopération entre le ministre japonais des Terres et du Transport public Shinsuke Suematsu et le ministre des Infrastructures publiques et du Transport, Nando Bodha.
Pour Nando Bodha, la présence du ministre japonais à la tête d’une forte délégation d’hommes d’affaires japonais marque le début d’une nouvelle ère de coopération entre Maurice et le Japon. Cette coopération connaîtra une accélération avec l’ouverture prochaine d’une ambassade du Japon à Maurice. Il a aussi rappelé que Maurice est connue pour être le meilleur pays africain en ce qui concerne la facilitation des affaires. Cependant, Maurice a besoin d’investissements pour réaliser les nombreux projets afin de moderniser ses infrastructures publiques. Dans ce contexte, quelque 2 milliards de dollars d’investissements sont prévus pour les cinq prochaines années. Pour le ministre, les promoteurs japonais peuvent utiliser Maurice comme une vitrine susceptible de servir d’exemple pour les investissements en Afrique. Il a également remercié le JICA, pour l’aide accordée à Maurice dans le domaine du « disaster management » et pour appréhender les glissements de terrain notamment à Port-Louis. « Nous avons encore besoin des expertises japonaises pour les nombreux projets d’infrastructures complexes dans lesquels nous nous sommes engagés », a-t-il dit.
Pour sa part, le ministre des affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a lui aussi remercié le Japon pour l’aide accordée à Maurice jusqu’ici. Il a souligné les efforts faits par Maurice pour son intégration économique en Afrique grâce à son appartenance à l’Union africaine, à la SADC et au COMESA. De plus, les accords bilatéraux conclus entre Maurice et plusieurs pays africains offrent de grandes possibilités en matière d’investissement. Il a souhaité que les entreprises japonaises puissent s’installer à Maurice afin de pouvoir investir en Afrique. Pour le ministre des Affaires étrangères, l’ambition de Maurice est de devenir d’ici quinze ans ce que le Singapour est pour l’Asie et ce que Dubaï est pour les pays arabes et le Moyen Orient. « Toutefois, pour atteindre notre objectif Maurice a besoin de soutiens financiers », dit-il.
Le ministre japonais, qui est à sa première visite à Maurice, s’est dit impressionné par le niveau d’urbanisation. Il s’est réjoui que plusieurs pistes de coopération aient été identifiées lors de ses discussions avec les autorités mauriciennes.
Dans une déclaration à la presse, Nando Bodha a observé qu’après l’Inde, la Chine et la Corée du Sud, c’est le Japon qui manifeste de l’intérêt pour Maurice en raison de son développement infrastructurel. « Nous avons prévu des investissements de l’ordre de Rs 50 milliards pour les cinq prochaines années dans le domaine des infrastructures dont la construction de tunnels, la décongestion routière, le Metro Express, la construction des ponts et des routes. Toutes les grandes compagnies internationales que ce soit en Inde, en Chine, en Corée du Sud ou au Japon peuvent y participer. Nous avons retenu les services des plus grandes compagnies au monde pour le programme de décongestion routière. C’est un signe que nous voulons avoir la technologie et les meilleures expertises pour nous assister », a dit Nando Bodha. Il a également souligné la possibilité d’avoir accès à des fonds comme le China Africa Fund, l’India Africa Fund et maintenant le Japan Africa Fund. « Nous les invitons à venir travailler ici avant de réaliser des projets à Maurice et en Afrique où il existe de grandes possibilités d’investissements ».