Six dentistes ayant récemment obtenu leur diplôme de spécialisation, et qui ont fait une demande pour être enregistré comme spécialiste, n’ont pas tous convaincu le Board of Post Graduate Medical Education mardi dernier. Ce board a rendu son verdict le lendemain et n’a recommandé au Dental Council que deux candidatures pour le “Registration”. Deux dentistes assurant la formation au Mauras College of Dentistery sont parmi les quatre qui devront repasser devant le Board of Examinors.
Le Board of Post Graduate Medical Education, présidé par le Dr Ian Ramdin – chirurgien oral &  maxillo-facial et consultant du ministère de la Santé –, a pour mission d’évaluer les connaissances et les compétences des dentistes souhaitant exercer comme spécialistes. Parmi les six demandeurs d’un enregistrement qui sont passés devant cette instance mardi dernier se trouvent deux Indiens. L’évaluation  s’est déroulée en deux parties : après une première série de questions par un panel de Mauriciens, les candidats (quatre Mauriciens et deux Indiens) ont été interviewés par vidéoconférence par des professeurs du Sri Ramachandra Dental College & Hospital, en Inde. L’évaluation a eu lieu à l’hôpital SSR en raison des facilités techniques existantes pour la vidéoconférence.  
À l’instar de la médecine, il existe différentes disciplines de spécialisation pour la dentisterie et les six candidats pour l’obtention du Registration se sont spécialisés dans les domaines suivants : deux en chirurgie dento-faciale, un en orthodontie, un en endodontie, un en prosthodontie et un en periodontie. « Nous avons voulu placer la barre très haut car il nous faut maintenir le niveau et la qualité dans la profession. Les six candidats, quelle que soit leur  filière de spécialisation, sont passés par le même type d’évaluation mardi dernier », affirme le Dr Joy Madhub, président du Dental Council.
Par ailleurs, un des principaux soucis du Dental Council concerne la formation continue pour l’ensemble de la profession. Pour l’heure, on dénombre ainsi 350 dentistes sur le registre du conseil. « La formation continue est la clé pour maintenir le niveau, et c’est valable tant pour les anciens dans le métier que pour les plus jeunes. On ne finit jamais d’apprendre », affirme le président de cet organisme. Et le Dr Madhub de déplorer le grand retard dans la mise en pratique de la législation préconisant un “Continuous Professional Development” pour la profession médicale et celle des dentistes. Cette mesure tend dans la direction de formation continue. Cette loi, votée en août 2012, a été promulguée en octobre 2013 et, d’après cette législation, la formation continue devrait compter parmi les critères dans le renouvellement annuel de l’exercice de “registration” des practiciens. Mais fin 2013, alors qu’ils finalisaient les procédures en vue de tenir compte de cette mesure dans la préparation du prochain registre des praticiens – publié au mois de février chaque année –, le Medical Council et le Dental Council ont été informés par le ministère de la Santé qu’ils recevraient « incessamment » une communication concernant la date de la mise en pratique de cette loi. Neuf mois plus tard, ils sont toujours dans l’attente. Selon nos renseignements, il y a une forte résistance de la part de certains practiciens vis-à-vis du “Continuous Professional Development”.
« La loi est là, mais on ne sait toujours pas à partir de quelle date elle sera effective. C’est dommage, car cette mesure s’inscrit dans l’intérêt du public et de la profession », affirme le président du Dental Council. Entre-temps, des associations de professionnels, dit-il,  prennent les devants pour organiser de temps en temps des programmes de formation, mais il n’y a aucune obligation aux dentistes d’y participer. « Si cette loi était en vigueur, il y aurait une planification de la formation continue et le Dental Council veillerait à ce que tous ceux qui exercent dans le pays se plient aux exigences de la formation », poursuit le président du Dental Council.
Autre priorité pour le Conseil de l’Ordre des dentistes : l’encadrement des jeunes confrères. « Nous avons atteint un nombre suffisant de dentistes pour le pays et il faut à présent encourager les jeunes à exceller dans leur métier, car l’obtention du  diplôme n’est que le début du parcours. Les anciens doivent faire des efforts pour les guider et on peut partager avec eux notre expérience », souhaite le Dr Mandhub.
Ces jours-ci, le Dental Council finalise les derniers détails pour les prochains examens en vue de l’enregistrement des nouveaux venus dans la profession, et qui auront lieu le dimanche 19 octobre dans les locaux du Mauritius Examinations Syndicate. Rappelons que la préparation des questionnaires ainsi que la correction des scripts sont confiées au National Board of Examinations of India. Onze candidats se présenteront à ces examens et les responsables du Dental Council espèrent obtenir cette fois une meilleure performance que celles des deux précédentes éditions.