Le board du Medical Council, qui a tenu sa dernière réunion pour l’année 2014 la semaine dernière, n’a pas connu une année de tout repos en raison de deux questions spécifiques : l’accréditation de DY Patil/UTM à octroyer des diplômes universitaires en médecine et les protestations des nouveaux médecins autour des nouveaux règlements pour l’obtention du Registration qui permet d’exercer. Pour sa part, le Dental Council a essuyé des critiques très acerbes pour le contenu des Dental Registration Examinations qui ont eu lieu en mars et en octobre.
Les responsables de ces deux organismes admettent que l’année « a été très agitée ». « Une année très difficile », avoue le Dr Joy Madhub, président du DC. « Difficile » pour ce dernier à cause du mécontentement qui a prévalu dans les milieux de la profession vis-à-vis de deux examens prescrits pourtant dans la loi : les Dental Registration Examinations à l’intention des nouveaux venus dans le métier et les Post graduate Registration Examinations qui ont pour mission d’évaluer les connaissances et les compétences des dentistes souhaitant exercer comme spécialiste. Dans les deux cas il y a eu très peu de réussites cette année, d’où la grogne de certains médecins et dentistes. « Le dossier DY Patil nous a beaucoup agacés mais nous avons fait connaître notre position sur cette affaire », dit pour sa part un membre de l’Ordre des Médecins.
Les membres du DC et du MC ne cachent pas leurs attentes par rapport aux décisions attendues l’année prochaine s’agissant de plusieurs dossiers importants, à l’instar du Continuous Professional Development. Il s’agit d’une mesure pour obliger les médecins/dentistes — quel que soit leur nombre d’années d’expérience — à continuer à se former et à être en phase avec le développement dans la médecine et qui devrait faire partie des critères à l’avenir pour le renouvellement du Registration de ces professionnels. Ce Continuous Professional Development aurait dû entrer en vigueur au début de cette année mais a été mis en veilleuse en raison de « certaines résistances », surtout du côté de quelques médecins et dentistes ayant déjà derrière eux une longue carrière. « Il faut débloquer ce projet qui est pour le bien de la profession », soutient fermement le Dr Madhub.
Durant la prochaine année, le Dental Council aussi bien que le Medical Council comptent revenir à la charge auprès du ministère de la Santé sur la nécessité d’apporter des amendements à la loi régissant leur fonctionnement afin d’avoir une marge de manoeuvre beaucoup plus large dans l’intérêt du public. À titre d’exemple, ces deux instances ont pour l’heure un rôle très limité par rapport aux écoles de formation en médecine et en dentisterie qui opèrent à Maurice et souhaitent « pouvoir agir » en cas de problème dans le fonctionnement de ces institutions. « Nous faisons certes partie d’un Monitoring Committee concernant ces écoles mais nous n’avons aucun pouvoir. Tout est entre les mains de la TEC. Nous ne pouvons que faire des recommandations. Il faut revoir de fond en comble la politique concernant la formation à Maurice et les autorités ne doivent pas négliger le rôle de ces deux Councils dans ce domaine », disent d’anciens membres du DC.
Nominés politiques
Les dirigeants du MC souhaitent rencontrer le ministre de la Santé pour lui donner un aperçu des dossiers qui sont à leur agenda de travail et ont envoyé une lettre dans cette direction. Mais ils ne veulent pas bousculer ce dernier au début de son mandat car ils veulent lui donner le temps de se familiariser avec les différents secteurs de la Santé. « Nous saluons le nouveau ministre et c’est vrai que nous avons pas mal de choses à lui dire. Nous allons attendre qu’il prenne connaissance des différents dossiers de son ministère et nous relancerons notre demande au cours du mois de janvier », dit au Mauricien le Dr Baboo Servansingh, le président du MC.
Par ailleurs, les élections pour le renouvellement du board du MC et celui du DC qui ont lieu chaque trois ans figurent à l’agenda de ces organismes en 2015. Rappelons que ces deux conseils d’administration sont composés de deux catégories de membres : il y a les représentants des médecins/dentistes qui, selon la loi, sont des membres élus ; et il y a des personnes qui sont nommées par le gouvernement pour représenter le ministère de la Santé, le State Law Office, le Prime Minister’s Office et le public. Le départ souhaité des nominés politiques de l’ancien régime concernerait-il également ceux siégeant à ces deux boards ? « Les nominés sont encore là et c’est au ministre de la Santé de faire connaître sa décision à ce sujet. Je pense qu’il faut apporter quelques nuances par rapport aux nominés politiques. Le Medical et le Dental Council ainsi que le Nursing Council ont davantage une vocation sociale et les membres qui siègent sur le board perçoivent une somme assez dérisoire comme allocation », souligne un membre du board Medical Council, qui fait remarquer que son mandat arrive à terme l’an prochain.