Italian Deputy Prime Minister and Interior Minister Matteo Salvini gestures at the end of a press conference in the Lega headquarters in northern Milan following the results of the European parliamentary elections, on May 27, 2019. - Matteo Salvini's anti-migrant League party won the most votes on May 26 in European elections in Italy, marking a historic success for the far-right. With over 99 percent of ballots counted, the League won 34.3 percent, compared to just six percent in the 2014 EU elections and 17 percent in the Italian general election last year. (Photo by Miguel MEDINA / AFP)

Le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini a déclaré mardi s’attendre à ce que Bruxelles sanctionne son pays en raison de la détérioration de son déficit et de son énorme dette en lui infligeant une amende de 3 milliards d’euros.

« Au moment où le chômage des jeunes atteint 50% dans certaines régions (…), quelqu’un à Bruxelles nous demande, au nom des règles du passé, une amende de trois milliards d’euros », a-t-il dit à la radio RTL 102.5.

« Toute mon énergie sera utilisée pour changer ces vieilles règles », a poursuivi l’homme fort de la politique italienne, dont le parti d’extrême droite, la Ligue, vient de remporter les élections européennes dans son pays.

« Nous allons voir si cette petite lettre de Bruxelles dans laquelle ils nous sanctionnent pour la dette accumulée par le passé arrivera », a-t-il également ironisé.

La Commission européenne devrait recommander le 5 juin l’ouverture d’une procédure pour déficit excessif contre l’Italie, en raison de sa forte dette (132,2% du PIB en 2018, bien au-delà du seuil de 60% fixé par les règles européennes) et de la détérioration de son déficit structurel.

L’ouverture d’une telle procédure, qui devrait le cas échéant être validée par les ministres des Finances de l’UE, peut aboutir à des sanctions financières à hauteur de 0,2% du PIB italien, ce qui correspond plus ou moins aux 3 milliards d’euros évoqués par M. Salvini.

« Comme d’habitude et comme prévu, la Commission européenne actualisera son évaluation de la situation économique et budgétaire de chaque État membre », a expliqué à l’AFP un porte-parole de la Commission.

« Il s’agit notamment d’émettre une nouvelle série de recommandations spécifiques par pays pour les politiques nationales des 12 à 18 prochains mois », a-t-il ajouté, sans évoquer d’éventuelles sanctions.

Selon une source européenne, Bruxelles doit envoyer cette semaine –probablement mercredi– une lettre à Rome pour lui demander des explications sur son budget.

La coalition populiste au pouvoir en Italie, qui réunit la Ligue et le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), avait déjà eu maille à partir fin 2018 avec Bruxelles, qui avait recommandé une première fois l’ouverture d’une procédure pour déficit excessif.

Les deux parties avaient finalement assoupli leurs positions pour parvenir à un compromis.

Mais, dans les dernières prévisions économiques de la Commission, publiées début mai, l’Italie apparaît comme le mauvais élève de la zone euro avec une croissance bien inférieure aux autres pays et une dette à un niveau record.

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