La National Empowerment Foundation (NEF) aurait alloué un contrat de Rs 16 millions, en octobre dernier, sans passer par l’exercice d’appel d’offres à une boutique de Mare d’Albert pour la distribution de matériel scolaire aux enfants, bénéficiaires de la fondation. A la NEF, son Chief Administrator, Yogendranath Antoo, a confirmé à Week-End, que le distributeur, lequel n’est pas spécialisé en matériel scolaire, a obtenu ce contrat. « Et ce, affirme ce dernier, après l’exercice de sélection, suivant les procédures de l’appel d’offres. »Yogendranath Antoo affirme également que le Tender Notice à cet effet, et lancé par la NEF avait été publié  dans la presse le 10 juin dernier.
Cependant, le seul communiqué émis par la NEF, pendant la période mentionnée par Yogendranath Antoo, faisant appel aux distributeurs de matériel scolaire est bien loin d’être un Tender Notice. Émis le 9 juin de cette année, le communiqué de la NEF, intitulé, « Registration of suppliers for distribution of school materials for the year 2015 », a été certes publié dans trois journaux. Mais, ni l’intitulé ni le contenu du document ne reflètent ceux d’un appel d’offres. A la NEF, une source nous confirme que l’appel pour l’enregistrement des distributeurs de matériel scolaire « est le seul communiqué qui a été envoyé à la presse pour les formalités d’usage. » Et d’insister sur « une connexion entre cette affaire et l’attribution du contrat pour les matériaux de construction des maisons des bénéficiaires de la NEF! »
D’ailleurs, quand Week-End a demandé une copie de l’appel d’offres qui aurait été publié le 10 juin 2014, à la fondation, le service de communication de la NEF, après consultation avec Yogendranath Antoo, nous a envoyé le communiqué « Registration of suppliers for distribution of school materials for the year 2015. » Si de son côté le service de communication nous a fait comprendre que c’est le seul document dont il dispose relatif à la distribution des matériels scolaires, pour sa part Yogendranath Antoo est depuis aux abonnés absents! Sollicité à maintes reprises, dans un deuxième temps pour s’expliquer sur ce communiqué, le Chief Administrator n’a pas répondu à nos appels et ni aux différents messages que nous avions laissés.
Comment un food retailer décroche un contrat qui n’est pas dans son secteur d’activité? D’aucuns, à la NEF, estiment que cette affaire est grave, d’autant que la boutique de Mare d’Albert n’est pas à son premier contrat. En effet, depuis, 2012, cette boutique qui détient un permis de food retailer, fournit et distribue le matériel scolaire aux écoliers issus de familles bénéficiaires d’aide matérielle de la National Empowerment Foundation.
La boutique n’affiche pas d’enseigne
Cette affaire qui suscite des questions, parmi lesquelles, pourquoi est-ce un détenteur d’une licence pour la vente de produits alimentaires, qui décroche un contrat pour la distribution d’uniformes d’école, de sacs, de chaussures, de cahiers entre autres? Pourquoi est-ce que la NEF n’est pas passée par l’exercice d’appel d’offres? Le président, Kadres Pillay, de la National Empowerment Foundation n’a pas souhaité répondre à ces questions. Contacté, Kadres Pillay a préféré laisser le soin au Chief Administrator de la fondation de s’expliquer. Dans un premier temps, ce dernier devait déclarer à Week-End que « les procédures n’exigent pas que le soumissionnaire soit spécialisé dans le secteur du matériel scolaire. » Cependant, même l’appel de « Registration of suppliers for distribution of school materials for the year 2015 » stipule que les distributeurs qui sont intéressés à se faire connaître, doivent être « qualified ». Et Yogendranath de concéder « qu’il n’y a aucune obligation pour la NEF de vérifier l’emplacement d’où opère le soumissionnaire » et que de ce fait il n’a pas visité la boutique de Mare d’Albert et ne connaît pas le propriétaire de la boutique. Sur place, à Mare d’Albert, Week-End a constaté que la boutique sélectionnée qui n’affiche pas d’enseigne — hormis son permis — commercialise des produits alimentaires variés. Quelques cahiers disposés sur une étagère sont les seuls school materials visibles.
Les critères selon la NEF…
Dans un autre temps Yogendranath Antoo devait souligner: « Ce qui importe, c’est que le distributeur arrive à fournir tout le matériel dont nous avons besoin. Autrefois, la NEF avait recours à différents fournisseurs qui étaient spécialisés dans un item scolaire uniquement. Tandis que maintenant, le fournisseur assure le stockage, ainsi que la distribution de l’ensemble de matériel, sous la supervision de la NEF. »
Yogendranath Antoo est catégorique: « La boutique de Mare d’Albert a été un des soumissionnaires qui ont fait leurs propositions par le biais d’un appel d’offres. » Tenant à nous expliquer les étapes des procédures, le directeur de la NEF, affirme: « que les 15 soumissionnaires ont eu jusqu’au 18 juillet pour faire part de leurs offres. Le Departmental Tender Committee a ensuite analysé les bids avant de les soumettre au Evaluation Committee, lequel a demandé un échantillon des différents matériels aux soumissionnaires. Ensuite, c’est le Technical Committee on Evaluation of Samples qui le 11 septembre dernier, a soumis son rapport et recommandations au Bid Committee. Après évaluation, le comité des Finances de la National Empowerment Foundation a, le 2 octobre dernier, fait parvenir ses recommandations au board de la fondation, lequel a avalisé l’octroi du contrat. » Toutefois, malgré les détails avancés par le directeur de la NEF, nous avons tenu à avoir des explications sur le « Registration of suppliers for distribution of school materials for the year 2015 » auprès de celui-ci. Mais, en vain. Même si la NEF n’est pas considérée comme un public body, au Center Procurement Board on rappelle « que tout communiqué concernant un appel d’offres, doit en faire mention clairement dans son titre et dans son contenu. Les critères doivent stipuler l’octroi de contrat. »
Sur le site de la National Empowerment Foundation, l’onglet réservé aux appels d’offres est vide…