Le passeur français Pierre Martin Viator et ses deux complices mauriciens, poursuivis pour trafic de drogue, ont comparu aux Assises ce matin. Pierre Martin Viator, qui est en détention depuis son arrestation en octobre 2011, a fait savoir à la Cour qu’il entamera des démarches pour retenir les services d’un homme de loi. Les deux complices – à savoir Gino Makinzie Appasamy, 37 ans, habitant Terre-Rouge, et Geremy Andrew Michel Agathe, 18 ans, habitant Goodlands et employé dans une conserverie de thon, qui sont eux en liberté conditionnelle – ont aussi signifié leur intention d’engager un avocat. L’affaire sera de nouveau appelée le 10 juin.
En octobre 2011, Pierre Martin Viator, âgé de 57 ans, habitant Boulevard Ney, à Paris, avait débarqué à Maurice sur le vol MK 51 en provenance de Paris. Ayant recours à une nouvelle astuce, il s’était dirigé vers le comptoir d’Air Mauritius pour consigner une déclaration formelle à l’effet que ses bagages ne sont pas arrivés par le même vol que lui. Avec une assurance déconcertante, le passeur français avait laissé au préposé d’Air Mauritius ses coordonnées à Maurice au cas où sa valise serait récupérée. Toutes les formalités requises avaient été complétées. Même pas deux heures après son départ de l’aéroport, la valise a été repérée tournant sur le carrousel du hall d’arrivées de l’aéroport. Les officiers de la douane et de l’ADSU devaient prendre le relais des opérations avec un “scan” des bagages. C’est alors qu’ils ont découvert des comprimés de Subutex.
La direction générale de l’ADSU a accepté de jouer le jeu en faisant livrer, par une compagnie de livraison, la valise à l’adresse indiquée par le ressortissant français. La livraison sans anicroche de la cargaison de Subutex devait mettre en confiance le passeur. L’ADSU, qui avait monté une importante opération de filature dans la région de Pereybère, n’est passée à l’action qu’en début de soirée le même jour. Lorsque les policiers ont fait irruption dans l’appartement occupé par Pierre Martin Viator, ils y ont découvert les comprimés de Subutex soigneusement installés sur le lit. Du lot, qui comprenait 2 734 comprimés, un seul restait introuvable, lequel avait été absorbé par le suspect, comme l’avait avoué ce dernier.
Sur la base des informations obtenues du passeur quant à ses contacts locaux, une opération de “controlled delivery” a alors été montée le même jour. Mais ce n’est qu’après deux jours que la livraison a été effectuée. Gino Makinzie Appasamy et Geremy Andrew Michel Agathe ont été interpellés sur le champ.