Le Star Witness-In-Waiting et Manager de KUN Management Int Ltd, Navind Kistnah, rectifie légèrement le tir ces jours-ci en vue de préserver ses chances en vue d’une immunité contre un procès aux Assises sous le Dangerous Drugs Act. Ainsi, lors des séances d’interrogatoire Under Warning, il a été quelque peu plus explicite dans ses révélations au sujet des dessous du fonctionnement du réseau mis en place avec le trafiquant Peroumal Veren comme étant le Big Boss de sa cellule de la prison. Il est allé jusqu’à concéder qu’il s’est déjà entretenu au téléphone avec le dénommé Veeren. En parallèle, l’enquête menée par escouade de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), menée conjointement par les surintendants Azima et Ramgoolam, s’intéresse davantage à la connexion Peroumal Veeren avec l’interrogatoire de Chrystelle Bibi, la gérante du magasin Krystel Collection à Curepipe. En ce qui concerne la dernière saisie d’héroïne en date d’une valeur marchande de Rs 118 millions dans le conteneur de Notre-Dame, l’ADSU est sur la piste de deux autres complices mauriciens alors que le troisième contact local cinquième suspect, le dénommé Antony Steeve Sam, est déjà en détention de l’ADSU suite à une précédente saisie d’héroïne dans la région de Trou-aux-Biches la semaine dernière.
Le Warning administré en début de semaine à Navind Kistnah par l’ADSU a porté ses fruits. L’interrogatoire de ce suspect est passé à une étape supérieure avec des aveux du Custom Clerk au sujet de ses contacts avec Peroumal Veeren. « Mo inn deza koz ar Veeren lor telefonn », a-t-il confié aux enquêteurs de l’ADSU au cours de la semaine écoulée. Cette conversation téléphonique s’est déroulée alors que Peroumal Veeren était dans sa cellule à la prison. Mais à la fin de la semaine, aucune indication n’a transpiré quant à la teneur de cette conversation. L’ADSU préfère garder cette Circumstantial Evidence en vue de confondre le dénommé Veeren au moment approprié.
Néanmoins, le directeur de KUN Management International Ltd maintient qu’il ne se rappelle pas du numéro de téléphone cellulaire utilisé par le condamné étant donné qu’il en faisait usage de plusieurs. Il s’est appesanti sur le fait qu’il n’était pas proche avec ce trafiquant de drogue en renvoyant la balle à son partenaire d’affaires au sein de KUN Management Int Ltd, Homanchal Ramdin. Comme on le sait, celui-ci est porté manquant depuis le 17 mars dernier, soit juste après la saisie des 157 kilos d’héroïne dans six compresseurs venant d’Afrique du Sud. À ce stade, l’ADSU n’est pas en mesure de contre-vérifier ce détail crucial.
Un autre élément susceptible de faire progresser l’enquête de l’ADSU porte sur les révélations du même Kistnah au sujet de Keshwin Seewoochurn, l’habitant de Plaisance présenté comme l’homme de confiance de Peroumal Veeren. Le Manager de KUN Management INT Ltd a avancé que le dénommé Seewoochurn, aussi connu sous le nom “Le Transporteur”, recevait des appels téléphoniques du même Veeren. Au cours de ces derniers jours, les enquêteurs de l’ADSU ont noté un changement d’attitude du Transporteur qui commence à collaborer sur certains aspects du réseau de trafic de drogue. Initialement, il avait nié faire partie du réseau et avait même fait valoir son droit constitutionnel au silence.
D’autre part, Christelle Bibi, arrêtée par l’ADSU mardi, a été interrogée sur ses relations avec le même Veeren et les activités de son magasin de prêt-à-porter qui n’est ouvert qu’une fois la semaine. Actuellement placée en détention préventive pour blanchiment d’argent après sa comparution devant le tribunal de Port-Louis mercredi, elle clame son innocence dans cette affaire et soutient n’avoir jamais bénéficié de faveur du trafiquant.
Sur un autre tableau, l’enquête de l’ADSU sur le conteneur de Notre-Dame, avec des objets artisanaux venant de Madagascar, s’oriente sur deux autres suspects avec les premiers éléments d’informations fournis par les deux Malgaches interpellées. En principe, ce conteneur était sous la responsabilité du dénommé Antony Steeve Sam, qui a été appréhendé la semaine précédente lors d’une autre saisie de drogue dans un bungalow à Trou-aux-Biches.
Les deux ressortissantes malgaches, qui nient toute implication dans l’importation de ces Rs 118 millions de drogue, affirment qu’elles avaient fait venir des objets artisanaux de la Grande Île.
Les Malgaches ont ajouté que deux autres Mauriciens sont concernés dans l’importation de ce conteneur. Mais le problème est l’identité de ces Mauriciens. Elles ne sont pas parvenues à se rappeler du nom de ces deux Mauriciens pour les besoins d’enquête. Elles ont comparu hier matin devant le tribunal de Port-Louis et reconduites en cellule policière pour les besoins d’enquête.