Parfait inconnu il y a trois semaines, Fausto Durso a vite conquis son entourage, si bien que le Brésilien est désormais tenu en haute estime par la bande à Rameshwar Gujadhur. Avec cinq gagnants dans l’escarcelle (dont quatre sous ses nouvelles couleurs), comment pouvait-il ne pas l’être?? Durso dit se plaire dans ce pays tropical, où le soleil, la mer et surtout ce « thrilling horse racing » au Champ de Mars.
À côté d’Eduardo Perez, son interprète, son agent, son confident et inséparable pote chilien « qui parle quatre langues: l’anglais, le portugais, l’espagnol et le chinois », Fausto Durso, 40 ans en octobre prochain, nourrit de grandes ambitions sur notre turf. Le poids de l’âge ne semble pas peser sur ce jockey de 1,54m pour 53 kilos. Lui qui a roulé sa bosse durant ces deux dernières décennies à Macau, Hong Kong, Corée, Malaisie, Dubaï et maintenant Maurice, pour forger une solide expérience dans le monde hippique.
« Comme tout jockey, j’ai débuté apprenti dans mon pays natal. J’ai enregistré environ 700 victoires sur au moins six hippodromes brésiliens avant de faire le grand saut à Macau», confie Fausto Durso. «Je me rappelle mes débuts un 1er décembre 1993. A ma deuxième monte, je signais ma première victoire avec  un certain Parada avec lequel j’ai accumulé four straight wins in a low rating». Depuis, les choses sont allées très vite au point où son tableau de chasse indique plus de 1300 gagnants sur plusieurs champs de courses au Moyen et à l’Extrême Orient.
Au Champ de Mars, dit-il, les gens ont une folle passion pour les chevaux de courses.  «Horses here are well-treated. I’m particularly impressed to see the way they are cared. On Saturday, it’s amazing around the track. It’s thrilling horse racing».
«Every body happy …»
Durso avait frappé les esprits dès sa première journée mauricienne avec un pick up ride sur Mr Black Tom (Foo Kune). Le lendemain, il crée la surprise du chef avec Polar Bound, outsider à Rs 6000, offrant à l’entraîneur Rameshwar Gujadhur le premier Barbé de son écurie. «It was fanstastic. Everybody at the stable was happy …». Le même jour, il complétait son doublé avec Chequer. Depuis, le Brésilien tourne à un gagnant par journée avec Georgean Boy (14e journée) et Ushokolethi (15e journée).
Il revient sur le dernier meeting. « Ushokolethi  was a quite easy win. Une fois installé en tête, on a eu une course tranquille». Dans l’épreuve principale, son entourage fondait de gros espoirs sir Captain Magpie. « Je me suis vite rendu compte durant la course que Zambezi Torrent  is of a different class. He flew in the straight. The winner was too good». Par contre, la course de Cirac a un goût d’inachevé pour le Brésilien. «We were expecting more from Cirac. But he dropped the bit at the 500m and he fell tired in the straight». Il prenait une autre quatrième place, cette fois sur Just B Brave. «I nearly fell on this horse. J’ai eu une course difficile».
Considéré comme un puissant finisseur, Fausto Durso dit ne pas avoir de préférence pour un type de course. «I’m an all rounder and it depends on the horse i’m riding. J’ai gagné en courant à l’avant avec Ushokolethi mais j’ai aussi gagné au finish avec Polar Bound et autre Chequer. Je m’adapte à toute situation».
Eduardo Perez est « l’ami » de Fausto Durso qui ne passe pas inaperçu aux côtés du Brésilien. Ce Chilien de 27 ans, dont le père et un frère ont été jockeys et un grand-père entraîneur, suit Durso depuis presque 10 ans. «We met in Macau in 2004. Depuis, on ne s’est plus quittés. Eduardo est mon interprète. Il parle quatre langues et il a apprend le français… et pourquoi pas le créole bientôt (rires). C’est un très bon ami avec qui je partage mes confidences».