Coïncidence ou pas, le Premier ministre est allé dans la circonscription No 18 au lendemain de l’annonce de la démission, en tant que député, du leader du Reform Party. C’était à l’occasion de l’inauguration du nouveau marché de Quatre-Bornes où Pravind Jugnauth était aux côtés du Deputy Prime Minister, Ivan Collendavelloo et du ministre des Collectivités locales, Mahen Jhugroo. Une occasion pour celui-ci de déclarer que malgré la partielle, le projet Métro Express, sur lequel « tou qualité connerie pe cozer », se concrétisera. Presque les mêmes propos qu’il avait tenus plus tôt lors du Comité central du MSM qui s’est réuni hier après-midi au Sun Trust, pendant lequel il avait déclaré que « nul n’entravera sa détermination à faire avancer le pays ». Occasion aussi pour le Premier ministre de préciser qu’il n’avait aucune intention de step down de son poste en raison du procès qu’intentera le DPP à son encontre dans l’affaire Medpoint devant le Privy Council.
Contre les critiques sur le Métro Express, et particulièrement dans le contexte,à Quatre-Bornes, qui sera le théâtre d’une élection partielle bientôt, le Premier ministre a profité hier de sa sortie dans la circonscription pour donner la réplique aux détracteurs du projet. « Li bon ki mo coz ici meme dans Quatre Bornes lors sa proze la, parski tout qualité connerie pe cozer. Mais dimoun bizin comprend », a-t-il dit. Cela fait des années, a repris le leader du MSM, que tous les gouvernements au pouvoir déplorent la congestion routière. « Pena okenn gouvernma ki pou kapav contruire maroute ki pou kapav accomode le nombre de véhicules ki pe augmenter lor nou ban laroute sak mois », soutient-il. Or, l’alliance MSM-ML, « en tant que gouvernement responsable, et avec une vision, ne peut tolérer que le pays continue à perdre Rs 4 Mds par an dans la congestion routière ». Selon lui, toutes les études ont démontré qu’il est nécessaire d’investir dans un système de transport moderne et aujourd’hui cela va se concrétiser avec la venue du Métro Express.
« En tant que gouvernma responsable, nou pe fer de sorte ki kan nou dépense l’argent publik, nous gagn value for money », et que si aujourd’hui il existe un flou quant au coût réel du projet, dans quelques jours, la population aura les réponses. «Il faut que nous analysions les propositions des deux entreprises soumissionnaires avant de pouvoir dévoiler le coût », et il donne la garantie que, « moi, Pravind Jugnauth ek mo gouvernma, nou pa pou fer nanien ki pou kapav hypothek l’avenir du pays et des générations à venir». Sur ce projet, qui verra le jour grâce à un grant dans un premier temps, et d’une ligne de crédit à taux préférentiel de l’Inde, le Premier ministre met au défi « kikonk ki kapav vin montrer moi ki minis ki gouvernma fin ceci gang sa qualité ligne de crédit à enn taux aussi avantageux ».
« Sauf imprévu »
Dans ce contexte, il dit ne pas comprendre l’hypocrisie de ceux qui, « hier approuvaient dans le comité ce projet et m’ont félicité, mais ki zordi pe sanz langaz». Mais c’est la population qui jugera le gouvernement sur ce qu’il entreprend pour transformer le pays, et il n’a pas manqué de redire sa détermination de faire progresser le pays durant les deux ans et demi restants de son mandat. « Mo ena encore deux bidze pou présenté  », non sans ajouter comme en boutade, « sauf imprévu ». Ce n’est qu’avec les élections générales qui ne se tiendront que dans deux ans et demi que la population sera appelée à juger le gouvernement, soutient-il. « En attendant, pena okenn cinéma ki pou sanz le cours de nou mandat ».
Si « cinéma » il y a, selon lui, il s’agit d’un B Movie, et cela coûtera cher. Comme plus tôt durant le Comité central du MSM, Pravind Jugnauth a rappelé que l’organisation d’une partielle impliquera certes des dépenses, « mais pour faire quoi ? » Le leader du MSM dit ne pas comprendre la logique derrière la démission de Roshi Bhadain. « Il a dit que cela servira de référendum. Je ne vois pas comment une partielle peut être considérée comme un référendum pour le pays. Ki li pe rod démontrer ? », avait-il souligné devant les membres du comité central hier après-midi.
Le Premier ministre à précisé qu’il y aura bel et bien partielle, sans pour autant dire quand. « Chaque chose en son temps », a répondu Pravind Jugnauth aux journalistes qui ont exceptionnellement assisté à la réunion du Comité central. Réunion qui s’est tenue après le Bureau politique du MSM où plusieurs dossiers ont été abordés, dont celui — selon nos informations —de présenter ou pas un candidat au No 8. A cet égard, le leader du MSM garde le suspense, déclarant que « cela se décidera lors des prochains BP ».
Chagos : « Ce n’est pas une question politique »
Au défi que lui lance Roshi Bhadain de démissionner et de remettre son siège au vote de l’électorat, Pravind Jugnauth réplique que « cela ne mérite même pas une réponse ». S’agissant du rôle du candidat déchu du MSM au No 18 en 2014, Koomaren Chetty, le leader du MSM dit avoir pris note de sa démission de Landscope Mauritius et de ses propos dans la presse qui démontrent l’écart qu’il a pris du parti. Il dit cependant ne pas savoir s’il fait encore partie du MSM et pourquoi il n’était pas au BP du parti hier.
Concernant les réclamations de l’opposition pour qu’il « step down » suivant le droit octroyé au DPP par la Cour suprême de faire appel au Privy Council concernant l’affaire Medpoint, le Premier ministre répond que c’est en toute légitimité qu’il a repris du service au sein du gouvernement, et que cette question ne se pose pas, le jugement de la Cour suprême l’innocentant étant toujours valide. Ainsi, dit-il, il n’y a aucune pression sur lui et qu’il se concentrait sur son travail. « Zot pa ankor conn moi. Mo ena conviction ek mo ena conseil mo ban avocats. Mo pou continié concentré lor mo travay », a-t-il martelé.
Auparavant, il avait commenté « la grande victoire historique obtenue par Maurice à l’ONU sur le dossier des Chagos ». Félicitant SAJ pour le travail accompli, il affirme que derrière, toute une équipe, incluant le ministre des Affaires étrangères et lui-même, d’autres ministres, et sans oublier le leader du Group Réfugiés Chagos, Olivier Bancoult, a aussi fait campagne auprès de plusieurs pays pour obtenir leur soutien. Il rappelle qu’il y a eu beaucoup de critiques, mais aujourd’hui les résultats sont éloquents. Le combat n’est pas terminé pour autant et le Premier ministre souligne que « les Chagos, ce n’est pas une question politique. Nous voulons tous que notre territoire ne reste pas démembré ».
Enfin, le Premier ministre a concernant les mesures budgétaires demandé aux membres du comité central, auxquels un document avec les mesures phares ont été remis, de vulgariser les projets effectués, mis en chantier et à venir auprès de la population.