À la veille du Nomination Day, l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) de Serge Clair et l’Alliance Sov Rodrigues, composée du Front Patriotique Rodriguais de Johnson Roussety et du Mouvement Militant Rodriguais de Christian Léopold, se passionnent pour le trafic de Proxy Papers des policiers dans l’île. Cette affaire, qui est commentée dans tout Rodrigues au cours de la semaine écoulée, fait actuellement l’objet d’une enquête de la police en vue de définir les tenants et les aboutissants.
Hier après-midi, l’OPR a réuni ses partisans da la région de Petit-Gabriel pour son deuxième rassemblement électoral. Les deux candidats désignés, Francisco François et Buisson Léopold, ont fait le procès de Nicolas Von Mally, ministre de la Pêche et leader du Mouvement Rodriguais. De son côté, l’Alliance Sov Rodrigues, qui se positionne comme principale force politique en devenir, a animé un meeting à Grande-Montagne, région jusqu’ici acquise à l’OPR.
L’éventualité que des Proxy Papers destinés aux membres de la force policière à Rodrigues pour le scrutin du 10 juin soit monnayée au profit d’un parti politique a été commentée dans les deux rassemblements politiques. Johnson Roussety et Christian Leopold, qui ont alerté les autorités compétentes, notamment la Commission électorale et le commissaire de police, ont donné des indications sur l’identité de ceux qui sont derrière cette opération de débauchage de votes.
Johnson Roussety est revenu avec sa thèse au sujet de l’achat par un parti politique de 250 Proxy Papers destinés à des membres de la force policière. « Nou pou vey o grin ek nou dimann Divisional Commander pran so responsabilité », a-t-il dit.
De son côté, Francisco François, de l’OPR, a été visiblement sévère à l’égard ces policiers, qui auraient déjà pris des engagements contre de l’argent par rapport aux proxies. « Mo finn tann dir ki sertin lapolis pe al vann proxy pou enn soulier Addidas ek Rs 2000. Mo pe atir latansion komiser de police ek komiser elektoral pou pran bann aksion ki bizin. Dayer, mo pou éna enn PQ dan Parlman ek mo pou évok sa kestion-la », a-t-il déclaré à Petit-Gabriel.
À Maurice, le commissaire électoral, Irfan Rahman, a déjà eu des consultations avec le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, en fin de semaine pour passer en revue la situation par rapport aux proxies. La Commission électorale a déjà émis un communiqué pour attirer l’attention sur les mesures prises suite à ces informations de nature troublante tout en soulignant les délits sous la Representation of the People Act.
D’autre part, le leader du MR, Nicolas Von Mally, a été la cible préférée des deux candidats de l’OPR. Francisco François a fait état de la trentaine de permis hôteliers alloués. Il a également critiqué le projet du ministre de la Pêche avec le bateau Alizée pour soi-disant créer des emplois pour les Rodriguaises.
« OPR pli for ki zamé, ek li pé agrandi, li pé konstrir nou fami ek boukou dimounn finn vinn zwenn nou apré MR finn krazé. MR pou al dan poubel listwar apré eleksion », a poursuivi Francisco François, qui a fait état des projets de développement en attente, comme les amendements à la loi de l’autonomie, l’économie bleue, l’énergie renouvelable, les logements sociaux, l’éducation et des fonds additionnels pour le budget de Rodrigues. Il a évoqué le dossier du remplacement du Mauritius Pride, qui doit être réactivé après les élections.
Son colistier, Buisson Perrine, n’a pas épargné Nicolas Von Mally. Faisant état de la scission au sein du MR, il a déclaré que « pa laisse ou lakrwa fer ou dimal, Francisco ek momem pou fer lien avek lasemblé rézional kan nou dan lasemblé nasional. Li pa konpatib si OPR éna pouvwar rézional ek enn lot parti vinn au pouvwar o nivo nasional. Get lexamp Von Mally ti la. Li pa finn kpaav travay ar nou. Li vinn inpozé ek so lakaz pwason ki li pa finn rési donn peser ».
À Grande-Montagne, où l’Alliance Sov Rodrigues animait un meeting, Johnson Roussety s’est dit confiant dans la victoire aux élections générales du 10 décembre. « Von Mally pa pou gagn puvwar ankor. Nou ki finn fer li éli. Zamé li finn éli. Nu ki koné kouma gagn eleksion », a-t-il dit. Il a accusé l’OPR, qui est présente sur la scène politique depuis 40 ans, de n’avoir pas été en mesure d’apporter des solutions au problème de l’eau. Il a commenté les problèmes de la communauté des pêcheurs et des familles rodriguaises, qui ne survivent que sur les allocations sociales. Il a aussi mentionné le cas des 243 General Workers licenciés à Rodrigues alors que Nicolas Von Mally siégeait au conseil des ministres.
Christian Léopold, ancien Private Parliamentary Secretary pour Rodrigues, regrette que Maurice connaît d’importants développements dont un aéroport à Rs 12 milliards, alors que Rodrigues ne récolte que des miettes. « Mo pa finn kapav kozé dan lasanblé. Ti éna politik yes-man. Aster mo finn libéré », a-t-il dit en demandant aux dirigeants politiques mauriciens de prendre Rodrigues au sérieux.
D’autres membres de l’Alliance Sov Rodrigues, dont Allan Ladd Émilien, Daniel Spéville et Lordana Chan-Meunier, sont intervenus pour s’interroger sur le rôle de Rodrigues au sein du projet de IIe République.