L’Abattoir de Baie Diamant, construit en 2011 aux normes internationales, sous la tutelle du commissaire de l’agriculture d’alors Louis Ange Perrine, retrouvera peut-être enfin sa vocation initiale. Construit au coût de plus de Rs 60 millions, cet édifice avait pour vocation de procéder à l’abattage d’animaux afin d’approvisionner le marché local, mais visait également l’exportation des excès de viande. Aujourd’hui, le bâtiment dans son ensemble, qui était resté jusqu’ici un éléphant blanc, a été alloué à une compagnie mauricienne, la Fine Foods Marketing Ltd, pour sa mise en opération.

La signature d’un protocole d’accord s’est effectuée le 14 mars dernier entre les responsables de la compagnie et les dirigeants de l’Assemblée régionale. À savoir que Fine Foods Marketing Ltd est un géant de la grande distribution de viande à Maurice et opère dans ce secteur depuis de nombreuses années. Cette compagnie a été sélectionnée après un appel d’offres.

L’abattoir devait initialement servir à l’abattage des animaux seulement, boeufs, cabris, moutons, entre autres. Mais dans un proche avenir, il servira aussi à la transformation de la viande. C’est ce qu’a déclaré le Chef commissaire Serge Clair lors de la signature du protocole d’accord. La question qui se pose est, si jamais il y a une maladie qui se propage au sein de l’élevage à Rodrigues, (l’épisode de la fièvre aphteuse demeure toujours dans les mémoires), il n’y aura vraisemblablement aucune traçabilité des bêtes malades. C’est ce qui fait peur à plusieurs éleveurs mais qui risque de discréditer également le secteur de l’élevage rodriguais auprès des instances internationales, « nous qui aspirons à être un exemple dans le monde entier ». C’est certes une grande opportunité pour tous les éleveurs rodriguais, qui peinent souvent à faire écouler leurs produits. Mais à quel prix ? Y aura-t-il une procédure claire et nette pour l’achat des bêtes ? Toute bête vendue devra-t-elle être munie d’une identifi cation de la commission de l’agriculture (Tag) ? La commission de tutelle aura-t-elle un droit de regard sur tout ce qui se fait à l’abattoir ? Quelques questions parmi d’autres, qui méritent que l’on s’y attarde.