Un groupe d’étudiants bangladeshis, ayant opté pour des études tertiaires à l’Elite School of Business & Finance d’Ébène, se retrouve à nouveau terrorisé par le spectre de la déportation du sol mauricien. En cause : une demande du Passport and Immigration Office auprès d’un des leurs pour s’y présenter au courant de la semaine.
L’affaire remonte au 26 septembre 2013 quand un groupe d’étudiants bangladeshis, ayant opté pour cette institution tertiaire basée a Ébène – et qui offre des cours dans les domaines du Business, IT, Finances, Comptabilité, entre autres – a soumis une lettre a la direction pour faire état d’une série de manquements et pour tenter de négocier une réduction/remboursement des tuitions fees, car n’ayant pas obtenu satisfaction des conditions et facilités qui leur ont été promises par l’établissement. Ils soutiennent en effet que l’école n’aurait ni bibliothèque, ni study room, entre autres. A leur grande surprise, ces étudiants ont été informés le lendemain qu’ils allaient être révoqués pour « mauvaise conduite » et, par la même occasion, qu’ils allaient être expatriés vers leur pays d’origine. Le même jour, ils ont pris contact avec le Regroupement des travailleurs sociaux, qui les soutient dans leur combat, avant de consigner une déposition à la police à l’encontre de cette institution tertiaire. Une mise en demeure a été également servie au Passport & Immigration Office par leur avocat pour bloquer leur déportation. Parallèlement, s’estimant escroqués, les étudiants se sont tournés vers la justice en logeant une plainte en Cour suprême. L’affaire sera d’ailleurs appelée en pro forma le 16 janvier prochain. En attendant le procès, les étudiants vivent au quotidien dans le flou total et crient à l’injustice. Ces jeunes, qui sont âgés entre 20 et 28 ans, voient aujourd’hui leurs rêves brisés. « Nous faisons face à une situation très difficile », confie Ronee, un des étudiants.
Mais un appel d’un préposé du Passport & Immigration Office (PIO) jeudi à l’un d’eux a fait ressurgir le spectre de la déportation. L’officier en question aurait demandé à l’étudiant bangladeshi de se présenter au bureau du PIO en vue de compléter « certaines procédures », ce que le jeune homme a refusé, craignant d’être déporté sur place par la police. Danny, l’un des étudiants, ne comprend pas comment ses amis et lui pourraient se retrouver inquiétés par le PIO alors qu’une affaire a été logée en Cour suprême contre l’établissement scolaire et, surtout, précise-t-il, qu’ils ont suivi toutes les procédures légales. Le Regroupement des travailleurs sociaux y voit une « tentative de harcèlement ». Eddy Sadien, du RTS, fait d’ailleurs remarquer que ces étudiants dépensent près de USD 8 000 en tant que frais de scolarité et que certains ont dû hypothéquer leur terrain et contracter des emprunts pour venir faire leurs études à Maurice.
Ces étudiants étrangers envisagent ainsi d’entreprendre des actions légales. Les étudiants bangladeshis sont défendus par un panel d’homme de loi, dont Mes Erickson Mooneapillay, Deepak Rutna, Niven Moonesamy, Eassen Soopramanien, ainsi que les avoués Mes Vashish Bhuggoo et Kaviraj Bokhoree. Sollicité pour une déclaration, Me Deepak Rutna crie à l’injustice à l’égard de ce groupe d’étudiants et réclame que les ministères concernés prennent le taureau par les cornes en instaurant les mesures nécessaires pour revoir le fonctionnement des institutions tertiaires et de s’assurer que celles-ci fournissent les facilités et services nécessaires aux étudiants. Il ajoute d’emblée que les agents doivent s’assurer que ces écoles fournissent un environnement propice et sécurisé.