Les représentants de la Confédération des travailleurs du secteur privé ont manifesté hier devant l’Hôtel du gouvernement pour dénoncer des « conditions de plus en plus catastrophiques » prévalant dans le monde du travail à Maurice. Cela depuis les « dérèglements » apportés par l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act depuis leur promulgation en 2009.
« Depuis l’entrée en vigueur en 2009 des deux nouvelles lois du travail, l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA), qui sont venues déréglementer les conditions de travail à Maurice, il ne se passe pas une semaine sans qu’on entende que des travailleurs ont été licenciés pour une raison ou une autre sans aucune compensation ni aucune considération pour leur détresse et celle de leur famille », nous a déclaré le président de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), Reeaz Chuttoo, à midi. Il participait avec d’autres syndiqués à une manifestation devant l’Hôtel du gouvernement pour dénoncer ces « conditions de plus en plus catastrophiques ».
« Dernière affaire en date, c’est ce licenciement massif de plus de 200 ouvriers par quatre compagnies de construction », poursuit le syndicaliste. « Cela ne peut qu’être catastrophique pour ces 200 familles, surtout à la veille des fêtes de fin d’année ».
Reeaz Chuttoo se dit d’autant plus « révolté » que ces 200 employés remerciés ne sont pas des travailleurs sous contrat qu’on licencie « d’habitude » avant la fin de décembre pour ne pas avoir à leur payer leur boni de fin d’année ou d’autres bénéfices, mais sont des travailleurs permanents. « Ce sont des employés qui comptent plusieurs années de bons et loyaux services qu’on jette ainsi, à la veille de la fin de l’année, comme de vulgaires chaussettes sales, sans se soucier de ce qu’il adviendra de leurs familles ».
Le syndicaliste, qui place cette manifestation dans le cadre de la semaine de conscientisation par la CTSP des travailleurs de Maurice en vue de la célébration la Journée mondiale pour le travail décent (célébrée le 7 octobre), invite les travailleurs à se demander si leurs conditions de travail s’alignent sur les critères d’un travail décent (voir encadré). « Sak travayer bizin reflesi vreman si travay ki li pe fer pe reponn a tou seki “travay desan” ve dir », lance-t-il.
Reeaz Chuttoo a rappelé que les acquis (en termes de sick leave, local leave, congé de maternité et bonus de fin d’année, entre autres) dont jouissent aujourd’hui la grosse majorité des salariés de Maurice sont les fruits de plusieurs années de lutte syndicale de leurs aînés. « Zordi tou sa bann aki la menase akoz travay preker ki l’ERiA et l’EReA finn instisionalize depi 2009. Aster non selman ou kapav perdi travay brit brit me kan ou perdi travay, enn sou konpansasion ou napa gagne ».
C’est dans ce contexte, poursuit le syndicaliste, que la CTSP invite les 550 000 travailleurs du pays et leurs familles à se mobiliser à Rose-Hill le 3 octobre prochain à 13 h 30 à côté du bureau de poste pour réclamer une intervention « plus énergique » du gouvernement en faveur du redressement économique, de la création d’emploi, de conditions de travail décentes et du plein respect de leurs droits, et ce dans le cadre de la Journée mondiale pour le Travail décent (JMTD).
« La Journée mondiale pour le Travail décent est une occasion pour célébrer nos acquis en tant que travailleurs, mais également de réfléchir et de prendre conscience combien il nous reste encore à parcourir pour que nos droits, en tant que travailleurs, soient respectés », explique pour sa part la secrétaire de la CTSP, Jane Ragoo.
La syndicaliste estime que le travail décent doit être au coeur des actions du gouvernement afin de relancer la croissance économique et de construire une nouvelle économie qui considère l’humain. « Me malerezman, tou lezour nou pe tann dir ki travayer pe gagn maltrete dan zot travay, pe perdi plas brit-brit kouma dan lafer BAI, zot drwa pa pe respekte kouma dan Airmate Ltd ek Air Mauritius, ek si zot ena travayer se de plis an plis enn travay preker ki zot gagne, kot zot pa kapav konstrwir enn lavenir ek zot pa gagn enn saler ki permet zot viv byin ek zot fami », dit-elle.