Lovebridge, projet du secteur privé qui a pour mission d’éradiquer la pauvreté sur le plan national, se remet, dit son coprésident, Harold Mayer, d’un bashing long de 14 mois. L’origine de ce bashing qui aurait, dit-il, fait du tort au personnel de Lovebridge n’est autre que les Rs 100 M allouées par le ministère des Finances pour son application structurelle. Néanmoins, Lovebridge, qui a multiplié des efforts et moyens pour faire connaître sa mission, a, depuis son lancement à l’échelle nationale il y a un an, retenu 243 familles bénéficiaires pour leur pourvoir d’un accompagnement sur le long terme. Malgré l’état d’esprit plus posé dans lequel opère Lovebridge, Harold Mayer et Pradeep Dursun, de Business Mauritius, ne veulent pas dire davantage sur ce qui reste des fameuses Rs 100 M.
Un an et demi après le lancement du concept Lovebridge sur le plan national, le projet d’accompagnement social et qui opère en partenariat avec Business Mauritius compte aujourd’hui 243 familles bénéficiaires (repérées par le biais de surveys) à travers l’île. Il semble avoir pris son envol. En 2015, lorsque le gouvernement décidait de lui accorder une enveloppe de Rs 100 millions pour mettre en place sa stratégie, calquée sur le parrainage, pour une période de cinq ans, Lovebridge attirait les regards interrogateurs de la société civile, d’organisations non-gouvernementales, voire de la classe politique, comme l’attestent des questions parlementaires dont le projet fut régulièrement l’objet.
Malgré les efforts de communication et d’explication, Lovebridge a eu beaucoup de peine à convaincre ceux qui combattent la pauvreté et ses corollaires depuis de nombreuses années, et qui ne cessent de réclamer le soutien financier de l’État pour mener à bien leur mission sur le terrain. « Cela a été difficile pour nous de nous faire accepter. La polémique n’est pas venue des travailleurs sociaux. Elle a été intellectualisée. Nous travaillons en complémentarité avec les ONG. Il n’y a pas de doublon dans les actions », souligne Harold Mayer, coprésident du board of directors de Lovebridge et initiateur du concept sur le plan régional.
« Nous avons vécu 14 mois de bashing qui ont fait beaucoup de mal à notre personnel et créé la perception que Lovebridge est tout sauf le bijou qu’il est » confie-t-il encore. Lovebridge,, laisse entendre ce dernier, en présence de Pradeep Dursun, est sincère dans sa mission et se veut transparent. Mais une transparence néanmoins dictée par des règlements qui régissent la vie d’une entreprise. Car Lovebridge fonctionne comme une entreprise, avec un personnel administratif, entre autres.
Ainsi, des Rs 100 millions que « l’État a investies dans le Seed Capital d’un projet présenté par le privé », Lovebridge préfère en faire état, c’est-à-dire tout expliciter dans les rapports qu’il est tenu de publier pour indiquer l’avancement du programme d’accompagnement et soumettre au ministère des Finances. Un premier rapport datant du 30 mars dernier contenant des données financières relatives au recrutement du personnel et de la mise en place du projet a déjà été remis au ministère concerné. Un deuxième rapport est prévu pour novembre et le troisième pour mars 2018.
La question financière reste visiblement sensible. Le Memorandum of Understanding entre Lovebridge et le ministère des Finances, explique Harold Mayer,  « est très clair. » Il précise que l’accord stipule que « les Rs 100 M, c’est pour financer les structures, la communication, le personnel  » Le reste du MoU relève d’un autre aspect, légal. Et quid du salaire d’un membre du personnel avoisinant les Rs 100 000 par mois, soit Rs 1,2 M sur une année ? Harold Mayer insiste : cette information n’a jamais été communiquée. Pradeep Dursun et le coprésident de Lovebridge n’en démordent pas.