Dans un ordre qu’a rendu interlocutoire le juge Gérard Angoh, le Sugar Investment Trust (SIT) a obtenu que les liquidateurs de la Compagnie Usinière de Saint Félix Limitée (en liquidation), Mohammad Yacoob Hyoob Allymamode Ramtoola et Georges Elie Chung Ming Kan ne disposent pas des droits de conversion à partir de la vente des terres ayant appartenu à ladite compagnie.
Le plaignant avait été débouté dans un premier jugement du même juge dans un procès logé par l’organisme by way of motion contre la compagnie usinière et MM. Ramtoola et Chung Ming Kan, qui sont les gestionnaires judiciaires des actifs de la compagnie propriétaire de l’ancienne sucrerie.
Le 25 janvier 2013, le SIT a fait appel de la décision du juge et, un mois plus tard, il a logé une demande pour qu’un ordre intérimaire soit émis. Le juge indique dans son arrêt que le « 27 February 2013, the applicant applied for an interim order in the nature of an injunction preventing and prohibiting respondents N°2 and 3, acting as liquidators of respondent N°1 from proceeding with the sale of the land conversion rights of the applicant to the tune of 20 % and this, pending the decision of the Appellate Court ».
Le lendemain, 28 février, le juge Angoh a accédé à la demande du plaignant, en attendant que les deux liquidateurs ne viennent établir pourquoi l’ordre intérimaire ne peut devenir interlocutoire en attendant les conclusions de l’appel interjeté.
Dans leur affidavit en date du 5 mars, les défendeurs N°2 et 3 ont soulevé les objections suivantes, à l’effet que le plaignant : « (a) has no legal rights ; (b) can adequately be compensated by damages should it succeed in its claim before a competent Court ; (c) has failed to act with celerity ; and (d) ought to have lodged its case before the Bankruptcy Division of the Supreme Court and not the Commercial Division of the Supreme Court. »
Sur le premier point, le juge se dit d’accord avec le point de vue de Me Prameeta Goordyal-Chittoo, Acting Assistant Parliamentary Counsel, selon lequel « it would not be proper for me to go into the merits of the appeal case as I would be sitting on appeal against my own decision. » Il ajoute que le « Learned counsel assisting the respondents is agreeable to that fact. At this point in time, all that needs to be satisfied when deciding whether or not to grant the order prayed for by the applicant is whether the American Cyanamid guidelines have been met. »
Pour Gérard Angoh, l’aspect important de cette demande est de savoir si elle ne cherche pas à stopper l’exécution d’un jugement contre une partie qui a gagné la bataille légale en la privant de jouir des fruits de sa victoire. Le juge note que les deux camps ont mis en avant tous deux des arguments valables sur la question.
« I am of the view that the Court does retain discretion on the question of whether or not to grant a stay of the execution of the judgment when taking into consideration all the facts of the application including whether the applicant would suffer loss which could not be compensated in damages », souligne le juge. Et d’ajouter ce qui suit : « On the issue of adequacy of damages, I agree with learned counsel for applicant that for the reasons advanced by her in her submission, if the injunction is discharged and the respondents are allowed to proceed with the sale of the land conversion rights notwithstanding the pending appeal, the applicant will suffer prejudice and damages which in my view cannot be adequately compensated. »
Quant à la question de juridiction de la présente Cour, le juge fait remarquer que, puisqu’il avait accordé au plaignant l’autorisation d’aller en appel le 20 février 2013 en vertu de l’article 105 (2) de l’Insolvency Act, il est du même avis que Me Chittoo pour dire que la « Bankruptcy Division of the Supreme Court is the required jurisdiction to hear this application as it is still a division of the Supreme court », cela même si la Division Commerciale a la juridiction requise pour le faire. Il cite d’ailleurs quelques cas précédents où des plaignants ayant passé par la même procédure avaient obtenu satisfaction.
Pour conclure, le juge dit qu’à la lumière de son analyse, « I find that the applicant has made out a sufficient case to have the respondents restrained pending the appeal. I, accordingly order that the interim injunction be made interlocutory pending the outcome of the Appellate Court. »