Cambridge International Examinations tend davantage vers l’outil informatique dans l’organisation des examens de “O” et de “A” Level. L’ère de l’envoi des enveloppes contenant les scripts des candidats par la poste à ses milliers de correcteurs dispersés en Angleterre est révolue. Désormais, ces derniers resteront chez eux pour le “marking” et devront se conformer à une série de règlements tout au long de l’exercice. À Maurice, le Mauritius Examinations Syndicate a déjà mis au point un système informatique approprié pour l’envoi aux collèges des “results slips” de leurs candidats respectifs via internet. Les collèges recevront incessamment une communication du MES à ce sujet contenant toutes les informations nécessaires. Soulignons que les prochains examens de Cambridge démarrent à la fin du mois et dureront jusqu’à novembre.
Il ne sera plus nécessaire pour les responsables de collèges, le jour de la proclamation des résultats de SC et de HSC, de faire le déplacement jusqu’au MES et d’y attendre longtemps avant de prendre possession des résultats de leurs candidats. Il suffira désormais aux collèges de se connecter sur le site du MES et chaque chef d’établissement, par le biais d’un code personnalisé, pour alors accéder aux résultats de ses élèves, et ce à partir de la date et l’heure qui seront communiquées par le MES.
« Aucun collège ne pourra connaître les résultats d’un autre établissement. Tout est confidentiel. Le système informatique que nous avons mis en place est fiable. D’ailleurs, nous l’avons testé en début d’année pour l’envoi des résultats de SC à Rodrigues », rassure Lucien Finette, directeur du MES. En effet, pour la première fois cette année, les candidats dans cette île ont obtenu leurs résultats à la même heure que ceux de Maurice. Fort des résultats concluants de cette première expérience, le MES a donc décidé d’étendre la nouvelle formule à l’ensemble des collèges à Maurice à partir des prochains examens. Chaque collège se chargera ensuite d’imprimer les results slips. Il sera inutile pour les candidats, à l’approche de la date des résultats, d’essayer d’avoir accès aux données en ligne car ils n’y arriveront pas. « Tout est verrouillé. Il y aura une surveillance constante », fait-on clairement comprendre du côté du MES.
L’autre changement de taille, et qui concerne particulièrement Cambridge, porte sur la nouvelle formule de correction des “scripts”. Soulignons que les examens de “O” Level et de “A” Level sont organisés dans une cinquantaine de pays à travers le monde et touchent plusieurs centaines de milliers de candidats. Et le nombre de copies à corriger chaque année par Cambridge : huit à dix millions ! En introduisant le système e-Marking, l’examinateur anglais, d’une part, élimine drastiquement le volume de support papier et, de l’autre, gagne du temps en abolissant l’envoi des enveloppes aux correcteurs par voie postale. La nouvelle formule, affirme le directeur du MES, ne comporte pas seulement des avantages sur le plan matériel. « Certainement, on gagne du temps, mais Cambridge met l’accent sur la qualité dans le processus de correction. L’e-Marking vise une amélioration du système. Cela permettra une plus grande harmonisation dans la correction et mènera également à plus d’efficacité », soutient Lucien Finette. « Cambridge a mis au point un système électronique bien organisé, bien solide et qui ne permet aucun écart de la part des personnes qui seront engagées dans la correction. Les correcteurs doivent se conformer aux “guidelines” et les inspecteurs de Cambridge superviseront leur travail tout au long de l’exercice. S’ils décèlent un problème dans la manière de corriger d’un correcteur, ils pourront immédiatement prendre les mesures qui s’imposent. Il est bon de rappeler que l’identité des candidats n’est pas connue des correcteurs ni des inspecteurs », ajoute Lucien Finette.
Avec l’e-Marking chaque correcteur corrigera seulement deux ou trois questions, et non l’ensemble du questionnaire comme s’était le cas jusqu’ici. En effet, avec l’ancienne formule, un correcteur recevait par la poste un lot de copies des candidats à corriger. « Pour chaque matière, Cambridge va scanner les pages de chaque “script” des candidats pour les envoyer aux correcteurs. Dépendant du nombre de questions pour chaque matière, les correcteurs recevront un certain nombre de pages à corriger. Pour chaque question, ils auront un “deadline” à respecter. Dès qu’ils auront terminé une copie, celle-ci est transférée automatiquement au serveur central de Cambridge et ils ne pourront plus avoir accès à ces données », explique Lucien Finette.
Le MES ne veut pas être à la traîne de la technologie informatique et annonce que cet organisme envisage sérieusement d’introduire l’e-Marking l’année prochaine pour la vingtaine de “question papers” de SC qui sont corrigés localement. Lucien Finette en parle avec assurance. « La correction sur le plan local est appelée à connaître le même développement l’année prochaine. Notre système pour l’organisation des examens est bien rodé aujourd’hui et nous pouvons aller au même rythme que celui des organismes d’examens internationaux. Nous commencerons le e-Marking en 2015 pour deux matières seulement et en augmenterons le nombre graduellement les années suivantes. Et pourquoi pas l’e-Marking pour le CPE et les autres examens nationaux à l’avenir… », dit-il. Grâce à ce système le MES ambitionne de prendre en charge la correction des épreuves pour des examens organisés dans des pays de la région. Le MES discute déjà avec quelques organismes africains sur ce projet.