Dans la côte Sud et principalement à Rivière des Galets, les dangers causés par un tsunami sont amplifiés du fait de la proximité des habitations avec la mer. De ce fait, les National Disaster Risk Reduction & Management Committees de Savanne et de Grand-Port en collaboration avec les Conseils des villages, les membres de la force policière et le corps paramédical ont cordonné un exercice de simulation de tsunami. Objectif des responsables: préparer la population, selon une approche pédagogique, afin qu’elle puisse savoir ce qu’il faut faire au cas où il y aurait un tsunami.
Cet exercice a rappelé aux habitants qu’un danger réel les menace. Ils se souviennent de la dernière alerte de grosses vagues qui se sont abattues dans la soirée du 22 juin dernier. Les vagues se brisaient sur le mur de sécurité construit entre les maisons et la mer et l’eau pénétrait dans les cours. Les habitants de Rivière des Galets demeurent ainsi perplexes et disent la même chose que Hangra Suraj: “En situation réelle, nous n’aurons pas le temps de faire ce que nous faisons aujourd’hui: à chaque fois que nous avons eu de grosses vagues, cela se produisait le soir. Là, nous sommes en pleine journée”, dit-il. 
Justine Celérine, 23 ans, rencontrée sur le terrain de football de Chamouny (la safe zoneétablie) et habitante de Rivière des Galets, se souvient de sa nuit blanche à attendre que la mer se calme. “Je n’ai pu dormir sur mes deux oreilles, ce soir-là. Aujourd’hui (jeudi, ndlr),on nous a prévenus et nous savons que ce n’est pas réel, mais lorsque cette situation se produira réellement, nous ne savons pas si nous aurons le temps de nous préparer”, dit-elle. “Si la situation était réelle, on serait tous très inquiets. On se demanderait si tout le monde est bien à l’abri et surtout ce qui se passerait après. Il y a des personnes handicapées également qui vivent à Rivière desGalets et dans de telles situations, nous sommes pris de panique et ne pensons qu’à sauver notre vie. Ce n’est pas sûr que ces personnes trouveront de l’aide”, dit-elle. 
Pour la famille Gooljar, la situation devient de plus en plus dangereuse, la mer se rapprochant des habitations. “Le mur aide si les vagues ne sont pas énormes. Mais dans le cas contraire, l’eau des vagues pénètre aussi dans nos maisons et va même jusqu’à l’autre côté du chemin”, indique Teena Gooljar, faisant référence aux grosses vaguesde mai 2007. Et cela se produit en un clin d’oeil, ajoute Sanjeeta Boodhoo. 
Une chose est sûre: la peur est permanente. Même si les habitants disent en avoir l’habitude, ils partagent les mêmes craintes. C’est, notamment, le cas de Denise Bwany: “Nous sommes tellement habitués que nous ne faisons plus vraiment attention. Mais des fois, je ne suis pas tranquille ni pour moi, ni pour mes enfants. Ma fille a une maison en tôle et à chaque fois que nous avons de grosses vagues, l’eau entre chez elle. La dernière fois que cela s’est produit, nous n’avons pu fermer l’oeil de la nuit. Nous avons dû attendre que la mer se calme et qu’on n’entende plus les vagues s’écraser sur le mur. Ce n’est qu’aux petites heures du matin, lorsque la marée a quelque peu baissé, quenous avons pu dormir.” 
La plupart des habitants disent n’avoir nulle part où aller dans ces situations et renouvellent leur demande aux autorités de les reloger.