L’exposition que tient le peintre Jean-Claude Le Gall à la galerie Imaaya à Pointe-aux-Canonniers est prolongée jusqu’au 22 décembre. On le comprend vu que la dernière exposition individuelle qu’il avait réalisée remonte à 1972. Une sculpture et surtout, des peintures originales ou des reproductions sur PVC… La grande majorité des 25 oeuvres qu’il expose traitent du thème de l’empreinte qu’il explore depuis peu de temps.
Le peintre Jean-Claude Le Gall prend des empreintes digitales, les agrandit, les triture, les transforme en vague ou en zèbre, et parfois les enrichit de multiples autres motifs pour en faire des tableaux. « Ce que j’aime avec les empreintes digitales, nous disait-il, c’est qu’elles ne changent jamais. C’est la marque de fabrique de chaque individu qu’il garde toute sa vie. » Mais une fois exploitées sur un tableaux, elles prennent cependant les allures les plus variées, l’artiste s’en servant comme prétexte pour dresser un portrait ou ouvrir sur un autre thème.
Ainsi, peut-il exploiter le mouvement circulaire de leurs lignes pour symboliser les rouleaux des vagues, comme le montre la série dédiée aux surfeurs. Ailleurs, elle recrée les striures d’un zèbre, impose une marque sur une composition hétéroclite ou l’y immisce discrètement. Parfois, la composition regroupe les empreintes de toute une famille. Jean-Claude Le Gall se propose aussi de réaliser des “portraits” personnalisés à partir des propres empreintes de ses clients, en s’inspirant aussi des activités de prédilection du principal intéressé.
Outre son thème principal, une des caractéristiques de cette exposition tient aux supports en PVC qui donnent une brillance particulièrement flatteuse aux différents tableaux. Cette technique oblige l’artiste à peindre sous la feuille en commençant par le motif central pour finir par le fond. Quelques oeuvres telles que Tet Caf, Amazone ou la sculpture Caf portent sur des thèmes plus anciens qui montrent une volonté de simplification du trait qui fait aussi penser à certaines gravures de mode ou au secteur publicitaire.
Si le patronyme de cet artiste vous dit quelque chose, c’est peut-être d’ailleurs à cause d’une boutique du Caudan Waterfront, où la ligne de vêtements de sa marque est présentée. C’est que notre homme fait fabriquer à Maurice les vêtements Le Gall riches en motifs et coloris imprimés sur coton, pour hommes, femmes et enfants. Jean-Claude Le Gall vit à La Réunion depuis une trentaine d’années après avoir connu la Nouvelle Calédonie et le Sénégal. Et s’il a commencé sa carrière dans la lunetterie, il voulait à tout prix devenir artiste.