« Si nou pa ti angaz nou sa lepok-la, abe kot nou ti pou ete zordi ? Quand nous nous avions constaté les dégâts que provoquait le Brown Sugar sur des jeunes – comme nous, qui avions le même âge dans les années 80 – il était clair que nous ne pouvions pas rester indifférents !
« Et je suis triste de constater que 40 ans plus tard, la situation est encore plus compliquée et difficile ! Ce combat, quand nous le commencions dans les années 80, nous pensions naïvement que nous allions arriver par en voir la fin… Me nou pa ti realize a ki pwin bann zafer kapav anpire ! Ce que nous voyons, aujourd’hui, avec les drogues synthétiques, les zombies, les enfants d’écoles primaires et secondaires qui sont devenus des victimes, je réalise que, certes, oui, des régimes, des gouvernements sont venus, ont mis en place certains éléments, des organismes comme feue la Natresa, la défunte NPU (National Prevention Unit).
« Nous avons réalisé des progrès certes, mais nous avons aussi perdu énormément ! De nos jours, nous avons besoin de jeunes qui peuvent aller parler, approcher les jeunes qui sont ciblés et sont devenus des proies des marchands. Cadress, moi-même et ceux de notre époque ne parlons pas leur langue ! Ils vont rigoler et nous rétorquer : ‘E papi, al dodo !’ Il y a une volonté politique affichée pour combattre les drogues. Mais cette volonté doit être plus sincère et plus proche, sur le terrain, auprès des victimes, de leurs parents et proches.
« Le MPRB (Mouvman Progre Roche-Bois) marque ses 30 ans cette année. Et parallèlement à mon engagement, je prends aussi régulièrement des jeunes, des enfants, à qui sont dispensées des formations en disciplines artistiques, entre autres. Ce sont autant de jeunes que nous enlevons des trottoirs et des ghettos pour qu’ils ne deviennent pas des jockeys et des dealers ! Mais la situation est telle, actuellement, qu’il faut un élan national. Seuls, les individus et les ONG ne peuvent tout faire… »

