Vous avez trouvé un joint dans sa chambre. Cela faisait longtemps que vous redoutiez une telle situation. Dépassé, vous ne savez plus quelle attitude adopter et vers qui vous tourner. Pas de panique, prenez le temps d’en discuter avec lui calmement.
Depuis quelque temps, vous avez remarqué que le comportement de votre ado est bizarre. Il a le regard vague, semble indifférent, ses résultats scolaires ont faibli, le sport ne l’intéresse plus et ses fréquentations se limitent à quelques amis… Jusqu’ici, vous n’avez pas osé lui en parler et pensiez peut-être à une peine de coeur. Mais voilà, ce joint dans sa chambre ne peut que lui appartenir.
Ne vous affolez pas, mais engagez le dialogue tout de suite. Car les spécialistes estiment qu’il y a une période de dix-huit mois entre le moment où un ado fume du cannabis “pour essayer”, à une consommation régulière. Évitez de le mettre en accusation. Évoquez d’abord ce que vous avez constaté, faites état de votre inquiétude et concluez : “Je pense que tu fumes du cannabis.”
Adoptez la bonne attitude.
Pour éviter les moments de tension et donner toutes ses chances au dialogue, prenez rendez-vous. Dites-lui par exemple : “Il faut que nous discutions ce soir après dîner.”
La présence des deux parents, même s’ils sont séparés, est importante : vous allez lui faire part d’un souci partagé dont il doit prendre la mesure. S’il nie, prévenez-le que vous allez rencontrer ses enseignants, son moniteur de sport, ses copains… Il doit sentir que vous agissez dans son intérêt.
S’il admet, allez-y délicatement en cherchant des précisions : quand, depuis quand, combien ? S’il vous dit qu’il lui arrive de fumer seul le soir pour s’endormir ou que le pétard l’aide à se sentir mieux, proposez-lui de faire le point avec un médecin. Expliquez-lui qu’il n’est pas normal qu’il ait besoin de quelque chose pour être bien. Il est légitime de s’inquiéter quand un adolescent cherche à anesthésier sa pensée.
Consultez un spécialiste.
Les parents doivent trouver un médecin compétent. Pas un centre de désintoxication, mais plutôt un psychiatre spécialiste de l’adolescence. Le recours à un psychologue spécialisé est possible. L’objectif est de responsabiliser l’adolescent sur sa santé psychique et physique.
Surtout, il n’est pas question qu’un cautionne un comportement sous prétexte qu’il ne sait pas comment l’interdire. On n’autorise pas son enfant à fumer, à boire ou à se mettre en danger en général. Reconnaissez les faits, il ne sert à rien d’être dans le déni, mais faites-lui part de votre déplaisir et fixez des limites.
Proposez à votre enfant de s’investir dans un sport qui l’a toujours intéressé ou achetez-lui enfin une guitare. Il ne faut en aucun cas lui supprimer l’argent de poche.
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Ce qu’en disent les scientifiques:
La dépendance
Le risque de dépendance est moins important avec le cannabis qu’avec la cigarette. Cette dépendance est plus psychologique que physique.
Les risques
Problèmes de concentration, de mémorisation, déscolarisation, désocialisation… À forte dose, le cannabis crée des troubles anxieux majeurs qui sont soulagés… par la prise de cannabis.
Les effets à long terme
Toutes les consommations psychoactives (alcool, tabac, cannabis, etc.) sont particulièrement nocives aux ados, le système nerveux central étant encore en pleine maturation.