La démocratie participative est en panne ». Tel est le constat de Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and other Unions (FCSOU).

Dressant un bilan de l’année 2017 au niveau des négociations syndicales, il regrette que des lois aient été passées « sans que la population ait eu son mot à dire ». En revanche, il se dit satisfait de l’issue qu’ont connue les négociations sur le salaire minimum, le salaire des cleaners et la compensation salariale, dans lequel cas « le gouvernement s’est montré en faveur de l’intérêt des travailleurs ». Il dit aussi espérer que le gouvernement « élabore vite la Right to Information Act ».

« La démocratie participative ne fonctionne pas. Il y a plusieurs lois d’ordre national que le gouvernement a passées et nous estimons que la population aurait dû avoir son mot à dire avant que le gouvernement n’aille de l’avant. Si la démocratie participative a bien fonctionné au niveau du ministère du Travail, où on a rencontré les syndicats pour leur demander leurs points de vue, par contre, s’agissant des cartes biométriques, la loi a été amendée sans aucune consultation avec la population alors qu’il y avait eu une grande manif à ce sujet », observe Narendranath Gopee.

Le syndicaliste se dit par ailleurs déçu que le gouvernement n’ait pas jusqu’ici élaboré la Right to Information Act, « un outil important pour com- battre la fraude et la corruption et qui aurait aidé la presse aussi ». En raison de cela, « nous sommes un peu inquiets », déclare-t-il, « il est grand temps que le gouvernement introduise cette loi ».

Reconnaissant que le salaire minimum a été réalisé « à la satisfaction des employés », le seul hic, dit-il, « est que le salaire de base est à Rs 8100 et avec les allocations, cela atteint Rs 9 000 ». Quant aux bonus, «ils sont basés sur Rs 8100 et non sur Rs 9 000 ». Il faudrait, selon lui, « modifier la loi pour que les bonus soient basés sur Rs 9000».

Autre négociation ayant réussi, affirme-t-il, celle des cleaners. « C’est un problème qui perdurait depuis plusieurs années avec une exploitation par les contractuels. Il était temps d’y mettre fin. Il est bon que le gouvernement ait pris le taureau par les cornes. Mais il a quand même fallu qu’il y ait une grève de la faim pour que le gouvernement prenne conscience de l’ampleur du problème.

Le gouvernement était d’avis que les syndicats demandaient que les cleaners aient le statut de fonctionnaires, mais nous demandions en fait qu’ils aient un salaire décent ».

Le président de la FCSOU accueille également la compensation salariale. « Une bonne décision où le gouvernement est allé dans l’intérêt des travailleurs. C’est une compensation satisfaisante, même si plus d’efforts auraient pu être faits encore ».

S’agissant de la loi du travail, Narendranth Gopee indique que selon « nos informations, un comité a été mis en place sous la présidence du ministre Ivan Collendavelloo ». « Nous connaissons son côté anti-travailleurs. Nous espérons que les syndicats recevront une copie du projet de loi afin que nous puissions donner notre point de vue avant que la loi ne soit votée.

En effet, il y a toujours cet abus dans le secteur privé où les comités disciplinaires sont utilisés pour licencier des travailleurs. Nous avons proposé un comité disciplinaire national qui siégerait au sein du ministère du Travail et dont les assesseurs seraient choisis par le ministre du Travail. Cela fonctionnerait un peu comme la PSC et le ministère du Travail trancherait soit en faveur de l’employé soit en faveur de l’employeur ».

Le président de la FCSOU juge « une mauvaise pratique » le fait que le rapport salarial des corps para-étatiques doive être approuvé par des High Powered Committees (HPC). « Cela aura un impact négatif sur le “collective bargaining”. Ce n’est pas possible que les syndicalistes négocient avec les employeurs et que finalement ce soit le HPC qui décide d’annuler ou de changer des recom- mandations. Le gouvernement n’aurait pas dû prendre une telle décision ».

Il déplore l’approbation du rapport salarial des corps para-étatiques avec l’amen- dement du Finance Bill. « Les rapports doivent ainsi être approuvés par les High Powered Committee (HPC), ce qui est mauvais pour le collective bargaining. Les HPC peuvent annuler ou changer des recommandations. Le gouvernement aurait dû consulter les syndicats avant de prendre une telle décision ».