« Donn la zenes so sans », de Luc Clair, parle de la difficulté des jeunes de Rodrigues sur le chemin de la vie, après l’école. Une mise en scène pleine de rebondissements, de sentiments et de bonnes surprises hier soir au Théâtre Serge Constantin, à Vacoas.
La pièce de théâtre rodriguaise a adopté un style moderne avec l’art des caricatures et la présence de plusieurs styles de comiques, reflétant les moeurs de la société actuelle et certaines réalités, certes choquantes, mais bien réelles. Si le public était peu nombreux, l’atmosphère théâtrale, elle, était au rendez-vous. Sous une mise en scène des plus typiques de la culture rodriguaise, la pièce s’est immédiatement révélée de bonne facture. Du tableau brossé au début jusqu’au dénouement final, de même que l’intrigue générale, tout était en osmose, traité d’une manière légère, autant dire parfaite pour une fin de soirée, le tout dans une atmosphère très détendue.
Aborder le thème des difficultés de la jeunesse était loin d’être évident à gérer. Pourtant, malgré la durée de la pièce – deux heures –, celle-ci ne se sera jamais révélée ennuyeuse. Certes le sujet est assez sensible, mais Luc Clair, le metteur en scène, aura su le rendre plus accessible, notamment par le biais de jeux de mots, bien placés, histoire de dédramatiser la pièce. Ses comédiens auront, eux aussi, bien incarné leurs personnages, les rendant plus authentiques. Roz, Risar, Rober et Benn ont ainsi parfaitement caricaturé des jeunes d’aujourd’hui face aux obstacles se présentant sur leur route vers un avenir de rêve. Aidés en cela par un scénario et un script bien ficelés, ceux-ci ont réussi à mettre en exergue certains traits de caractère bien connus, comme l’arrogance, l’insolence, mais aussi la ténacité, l’humilité, la gentillesse et le courage. Une histoire somme toute contemporaine, bien dans l’air du temps, le tout, évidemment, allié à une trame d’amour plutôt mélodramatique.
Le public, lui, s’est montré très réceptif, à la fois sur l’histoire et sur le jeu de scène des comédiens. Mais aussi vis-à-vis des émotions et de la sensibilité mises en valeur. Certains, d’ailleurs, n’auront pu s’empêcher d’avoir la larme à l’oeil au moment de petites déclarations d’amour à l’allure poétique. À faire rêver les jeunes filles… Moins rêveur cependant, le côté manipulateur et sournois du personnage d’André (Luc Clair) aura aussi apporté un rythme à l’ensemble, et ce par le biais d’un vrai comique de situation, en ajoutant des apartés et une distanciation maîtrisés.
Ceux qui n’auront pas eu la chance de voir la pièce pourront se rattraper. Une seconde représentation est prévue le 31 juillet à 20 heures, toujours au Théâtre Serge Constantin.