Dans le cadre de la fête des Mères, nous avons rencontré une maman pas comme les autres : Berla Ramen, une “maman SOS” au sein de SOS Village d’Enfants. La fonction de “maman SOS” est en effet le pivot sur lequel se fonde le projet associatif et la prise en charge de ces enfants sans soutien parental ou en risque de le perdre. “Maman SOS” depuis 24 ans, Berla y fait référence comme une vocation réelle, et non un travail.
« Bonjour mami », lance une des jeunes résidentes du SOS Village de Beau-Bassin à Berla Ramen alors qu’elle vient toute juste de rentrer de l’école. Des « enfants », Berla en a plein, tout comme les autres “mamans SOS”. Et comme une mère, elle embrasse sa fille tendrement pour l’accueillir à la maison après cette journée scolaire. En gros, les “mamans SOS” assument le rôle d’une mère, assurant l’accompagnement quotidien des enfants, leur permettant de grandir dans un climat sain et leur offrant l’encadrement nécessaire. Elles leur donnent toute la tendresse d’une mère afin qu’ils grandissent avec la sécurité et les joies d’une famille…
La mission des “mamans SOS” s’articule autour de trois pôles. D’abord la suppléance familiale permettant à l’enfant d’établir des relations affectueuses, stables et durables ainsi qu’une relation éducative pour la gestion des actes quotidiens (hygiène, scolarité, etc). Le pôle éducatif est établi à partir des difficultés rencontrées par l’enfant pour lui permettre une meilleure progression adaptée à ses besoins. Ce pôle est partagé avec l’éducateur référant de l’enfant. Finalement, le pôle de gestion matérielle et financière de la maison familiale. Il concerne l’entretien du cadre de vie et la gestion quotidienne de la maison (repas, courses).
Vocation
« Être “maman SOS” est un véritable engagement, peut-être même plus que celui que doit montrer une mère, car on s’engage envers la société et envers les parents biologiques », confie Berla. D’ailleurs, les jeunes résidents, Berla les appelle « mo bann zanfan ». Elle s’occupe actuellement d’une maison avec des garçons âgés de 14 à 16 ans. « Il nous faut comprendre leurs besoins et les accompagner pour qu’ils deviennent des adultes responsables et autonomes. » Cela fait depuis 24 ans que Berla fait ce travail. Elle n’hésite pas à se reprendre lorsqu’elle prononce le mot “travail”. « Je n’appelle pas cela un travail, mais beaucoup plus une vocation. »
Pour devenir “maman SOS”, il faut bien évidemment aimer les enfants, être disponibles pour vivre en famille avec les enfants et s’occuper d’eux comme les siens, explique Berla. Sa journée est en effet bien remplie chaque jour. Le matin, elle prépare le petit-déjeuner et le déjeuner pour l’école. Une fois les enfants partis, elle s’attelle a d’autres taches, y compris les différentes réunions au sein du village et s’occupe également des courses. Pour le fonctionnement de la maison familiale, elles ont un budget mensuel à gérer pour l’entretien de la maison et toutes les dépenses nécessaires à la vie quotidienne.
Les après-midi, les “mamans SOS” sont là pour le retour de l’école, avec le goûter. Elles s’assurent également que les devoirs soient faits. Pour le dîner, les enfants et “mamans SOS” se réunissent tous autour de la table pour un moment de partage dans les maisons respectives, chacun racontant sa journée. Comme toute mère, Berla assure aussi un contrôle sur ce que les enfants regardent à la télé et veille de près à ce que l’heure du coucher soit respectée.
La chose qui la marque le plus, « c’est quand j’apprends que les enfants n’ont pas réussi ou lorsqu’ils prennent de mauvais chemins, c’est très dur pour une mère ». Berla Ramen souligne l’importance de transmettre des valeurs comme le respect et le partage. « Comme je le répète souvent à mes enfants, nous recevons beaucoup au sein du village et les enfants doivent être capables de partager en retour. » Elle met également l’emphase sur la discipline et le sens de la responsabilité. « Avant d’aller à l’école, les enfants doivent s’assurer que les lits sont faits et les chambres rangées et, au retour, que les uniformes soient lavés… »