Bateaux remplis d'eau mélangée à de l'essence et des bouteilles en plastique

À Flic-en-Flac, entre l’hôtel Villas Caroline et le centre de jeunesse, au lieu de sable blanc et de verdure, c’est une véritable scène de désolation qui s’offre aux yeux des visiteurs. Vieux bateaux abandonnés, herbes folles, ordures, vieille ferraille ont envahi les lieux. Un véritable dépotoir. Outre l’odeur nauséabonde qui s’y dégage, cette poubelle à ciel ouvert, en totale contradiction avec l’image de plage idyllique de Flic-en-Flac, accentue les risques sanitaires. Or, les autorités alertées, par les habitants de la localité sur la situation, se renvoient la responsabilité du nettoyage des lieux. Cela, en oubliant qu’en sus de la protection de l’environnement, c’est aussi la réputation de la destination touristique mauricienne qui est en jeu.

Alors que les discours se multiplient pour sensibiliser la population, et que même le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a lancé un appel pour la propreté et la préservation de l’environnement, force est de constater que les messages ont du mal à passer. La preuve, à Flic-en-Flac, où la partie de la plage située entre Villas Caroline et le centre de jeunesse est devenue un vrai cimetière de bateaux, sans compter les détritus laissés non seulement par les plagistes, mais aussi certains plaisanciers. Des remorques de bateaux, complètement rouillées, ont aussi été abandonnées par les propriétaires, quand ce n’est les vieux bateaux eux-mêmes. Parmi, trois bateaux dont le propriétaire serait décédé, indiquent les habitants, qui déplorent par ailleurs que certains plaisanciers profitent du laxisme des autorités pour venir déposer leurs ordures ramenées depuis l’île aux Bénitiers où ils emmènent des clients en excursion.

Le constat est accablant : bateaux qui accumulent de l’eau de pluie mélangée à de l’essence, devenue noirâtre et dans laquelle flotte des ordures. Si maintes fois décriée dans les médias, cette situation perdure depuis plusieurs années. Tant et si bien qu’un habitant de la localité, Bernard Perrier, s’est tourné cette fois vers différentes autorités pour tirer la sonnette d’alarme. Surtout que Flic-en-Flac est considérée comme une des plages les plus populaires de Maurice. Depuis une semaine, cet habitant multiplie les courriers auprès des différentes instances pour que la plage soit nettoyée. Force est toutefois de constater que les autorités se renvoient la balle.

Outre la Beach Authority, dans une réponse envoyée à Bernard Perrier, qui souligne que « the beach is not a proclaimed public beach and does not fall within the jurisdiction of the Beach Authority », le Conseil de district de Rivière-Noire se décharge également de la responsabilité de nettoyer cette partie de la plage. La responsabilité reviendrait aux Fisheries, qui ont cependant fait comprendre à cet habitant que remédier à cette situation ne relevait pas de ses fonctions. Cela, alors que certains propriétaires profitent de la léthargie des autorités et laissent pourrir leurs bateaux sur place. Mais selon les préposés du ministère de la Pêche, il n’y a aucun cadre légal défini qui permettrait de forcer les propriétaires de ces bateaux à quitter les lieux.

Les détritus qui  s’accumulent  au fil des jours

C’est ainsi un véritable casse-tête pour savoir quelle serait l’instance responsable de veiller à la propreté et à la sauvegarde de l’environnement, et plus précisément de la plage. Car, en sus du cimetière de bateaux et de vieille ferraille, ce qui incommode et désole les visiteurs, ce sont les détritus qui s’accumulent au fil des jours. Bouteilles en plastique, canettes de bière, barquettes de take-aways, restes de nourriture, sacs poubelles éventrés par les chiens. L’image est peu flatteuse et surtout inacceptable, dans une île Maurice à vocation touristique, sans compter les risques de maladies que cette situation augure. Selon les habitants de la localité, il y avait jusqu’à l’année dernière des employés d’une firme privée qui effectuaient quotidiennement le ramassage d’ordures sur la plage. Ordures qui étaient récupérées chaque dimanche matin par un camion.

Or, cette pratique a été stoppée quelque temps avant les élections générales. Pourquoi ? Par qui ? Ce sont autant d’interrogations de ces habitants et autres plagistes qui ont à cœur la propreté de cette localité. À savoir cependant que, si en début de semaine cette partie de la plage, comme en témoigne la photo, était jonchée de détritus, en fin de semaine, lorsque Week-End s’est rendu sur place, il a été noté que les ordures avaient été ramassées. Bien que quelques sacs contenant les ordures avaient été laissés dans les bateaux abandonnés.

Face aux échanges infructueux auprès des instances concernées, Bernard Perrier, qui a de nouveau alerté les médias, s’est tourné vers le leader de l’opposition en espérant que la conscience environnementale des politiciens puisse contribuer à remédier à la situation. En attendant de promptes actions, gageons que les Mauriciens prendront acte de ce dépotoir à ciel ouvert pour se remettre en question et s’assureront de préserver l’environnement. À bon entendeur.

Des structures en métal qui rouillent, un danger pour les riverains