Le viol perpétré dans le couple est 61 fois supérieur au nombre de cas rapportés à la police. C’est ce qui ressort d’une étude conjointe menée par Gender Links (GL) et le Mauritius Research Council (MRC) auprès de 679 femmes et 678 hommes, entre 2010 et 2011. Le rapport, rendu public fin 2013, révèle aussi que 24 % de femmes mauriciennes ont déjà été victimes de violence sous ses diverses formes.
8,7 % des femmes interrogées affirment avoir été victimes de violence sexuelle dans le cadre intime au moins une fois dans leur vie alors que 3 % des hommes avouent en avoir été l’auteur. 1,1 % des femmes avancent avoir été victimes de viol dans l’année précédant l’étude et 0,7 % d’hommes avouent avoir commis l’acte. GL et MRC note que « the prevalence of intimate partner sexual violence reported in the survey is sixty one times the prevalence of sexual assault by spouse cases reported to the police ».
Pour ce qui est du viol en dehors du couple, 0,7 % de femmes affirment en avoir été victimes une fois dans leur vie et 3,5 % d’hommes avancent avoir déjà violé une femme. L’année précédant l’étude a vu 0,1 % de femmes interrogées victimes et 0,6 % d’hommes auteurs. Seul 0,1 % des cas a été rapporté à la police.
Une mauricienne sur quatre affirme avoir été victime au moins une fois dans sa vie de violence sous ses diverses formes. Parmi les hommes, 23 % affirment avoir déjà fait subir la violence à une femme dans leur vie. La même étude révèle aussi que la prévalence de la violence domestique, durant les 12 mois l’ayant précédée est, en réalité, quinze fois plus élevée que ce qui est officiellement rapporté auprès des Family Support Bureaux du ministère de l’Égalité des genres.
L’étude démontre que 4 % de femmes interrogées ont été victimes de violence durant les douze mois l’ayant précédée et le même taux est relevé du côté des hommes auteurs de violence.
23 % de femmes en couple l’ont subi au moins une fois dans leur vie et 22 % des hommes admettent le crime. Alors qu’elles sont 5 % parmi celles interrogées à avoir été victimes durant les douze derniers mois ayant précédé l’étude seulement 0,3 % d’entre elles ont rapporté le cas à la police.
Le rapport indique que la plupart des cas de violence ont lieu dans un cadre intime et la violence émotionnelle est la plus répandue. Elle concerne une femme sur six, soit 16 % de manière générale. Durant l’année précédant l’étude, 4 % ont déclaré en avoir été victime.
Alors que cette étude révèle que la majorité des cas de violence ne sont pas rapportés, fait ressortir GL, les politiciens ne l’évoquent pas suffisamment en public. Gender Links note que seuls 9 % des 266 discours politiques prononcés entre 2010 et 2011 font état de la violence fondée sur le genre. Parmi, 22 % en font leur sujet principal et sa répercussion dans la presse locale est de 2 % seulement alors que dans la région Afrique australe, elle est de 4 % en moyenne.
GL souligne que la violence basée sur le genre à Maurice est intergénérationnelle et conservatrice. Deux points qui exacerbent cette violence dans ce pays est l’alcool et les interférences des belles-familles.
Au vu des retombées de cette étude, GL affirme que c’est un des avantages de ce genre d’étude qui se fait hors du cadre administratif et estime que le sujet doit être la priorité des politiques.
Cette recherche a été menée conformément au protocole de la Southern African Development Community (SADC) sur le genre dont le but est de diminuer par deux le nombre de violence perpétrée d’ici à 2015. L’organisation affirme que « the research project provides a comprehensive assessment of the extent, effects and response to GBV (ndlr : Gender based-violence) in Mauritius ». Ceux qui ont participé à cette étude étaient invités à répondre à deux questionnaires : un sur leur expérience de vie et l’autre sur l’année précédant l’étude. GL précise que l’accent mis sur les femmes est justifié parce qu’il y « an overwhelming evidence that the majority of gender violence cases consists of violence against women and these cases result in extensive and well-documented adverse health consequence ».