Le parcours de golf du Mauritius Gymkhana Club est-il menacé ? Tout laisse penser, à la lumière des derniers développements, qui commencent à sortir de terre près du trou no. 5. En effet, un litige oppose en ce moment la direction du plus vieux club de l’hémisphère sud au Ministère des infrastructures publiques.
Selon les informations dont nous disposons, le MIP souhaite aménager une bande de terre où les travaux de déblaiement ont déjà commencé, mais suspendus temporairement.
Pour comprendre l’historique de la situation, il convient de revenir un peu en arrière. Le MIP décide de récupérer une parcelle de terre d’une longueur de 105 m, terrain vague jusqu’ici, à l’état d’épais buisson, pour y construire un parking pour ses employés. Rien de grave, à priori. Sauf qu’il prévoit d’ériger un mur d’enceinte tout en exigeant qu’une partie du terrain d’une superficie de 160 mètres carrés soit carrément ‘excised from Mauritius Gymkhana Club’. Et que le coût du mur soit à 50 % payé par le Gymkhana Club.
« C’est là que la situation s’aggrave », laisse entendre une source au MGC. D’une part, le mur empièterait sur le fairway no. 5. « Cela va altérer le jeu. Les joueurs auront un mur en face d’eux au moment du tee-off. »
D’autre part, l’érection de ce mur constituera, en fait, un double danger pour les automobilistes qui garent leurs voitures et les golfeurs eux-mêmes.
Cela dit, les représentants du MGC sont d’accord pour réallouer une autre portion de terrain pour le projet de la MPI. « Nous n’avons jamais dit que nous étions contre le fait qu’ils reprennent une portion de terre. Nous militons seulement pour que le cachet historique du Mauritius Gymkhana Club soit maintenu. »
Sur le plan sportif, la création de ce mur d’enceinte serait encore plus désastreuse. Comment ? « Il se pourrait que le trou no. 5 soit déplacé, ou pire, effacé », laisse entendre un autre membre du club.
Pourtant, plusieurs lettres, faisant état des doléances et suggestions du MGC, ont été envoyées au ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, au ministre des Terres et du logement, Showkatally Soodhun et au Secrétaire permanent des Terres et du logement, sans qu’aucune réaction n’ait été notée. « En termes de coûts seulement, cela représente dans les Rs 250 000 pour la réfection d’un green », avance-t-on.
D’aucuns avancent qu’il s’agit là d’un pan de l’histoire du pays qui pourrait s’envoler. « Il s’agit là d’un point de vue sportif et historique. Nous ne sommes pas contre l’idée de céder une parcelle de terrain au MIP. Nous demandons seulement qu’une autre partie du terrain soit réallouée. »