L’haltérophile mauricien Praful Prithipaul, 23 ans et triple médaillé de bronze chez les moins de -62 kg lors des derniers Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI) à La Réunion (1er-9 août) n’arrête pas de crier au coup monté depuis qu’il a été controlé positif à un stéroïde anabolisant, le Stanozolol. Un produit interdit par la Fédération internationale d’Haltérophilie (FIH) et qui si la confirmation vient de l’échantillon B peut occasionner une suspension de deux ans et 5000 USD (approx : Rs 150 000) d’amende pour la fédération locale. Pour Week-End, Praful Prithipaul est revenu sur les faits qui lui ont été reprochés lui qui estime avoir été piégé.
Les faits remontent ainsi au 21 avril 2015, lorsque dans le cadre d’une série de contrôles anti-dopage demandée par le MJS en vue des Jeux des Iles, Praful Prithipaul est appelé à passer le test, de même que tous ses camarades d’entraînement qui sont revenus d’un stage en Roumanie. « J’étais dans la salle d’entraînemennt J’ai été appelé par le Sports Doping Control Officer à 10h23 pour être exact. C’était une première pour moi car jamais je n’ai été appelé à passer un contrôle de dopage », souligne notre interlocuteur dont l’échantillon d’urine avait été envoyé le 28 avril en Afrique du Sud pour être testé. Selon le rapport officiel,c’est le 11 mai que l’échantillon A a commencé à être analysé et c’est un mois plus tard, soit le 11 juin 2015 que les résultats ont révélés qu’une substance prohibée, soit le Stanozolol, avait été détectée.
Entre-temps Parful Prithipaul est sélectionné pour défendre les couleurs de Maurice aux 9es Jeux des Iles de l’Océan Indien et gagne trois médailles de bronze chez les moins de … ans. Ce n’est que deux mois et sept jours plus tard, soit le 18 août 2016, que l’haltérophile est appelé à la Medical Unit de Vacoas et en présence de son entraîneur Ravi Bhollah que la mauvaise nouvelle lui a été annoncée par l’officier responsable de la SMU. Comme un coup de tonnerre, Parful Prithipaul ne sait plus ce qui lui arrivait et voit du coup tout son monde s’écrouler autour de lui. Mais très vite, il reprend du poil de la bête et tente de comprendre. Surtout le fait que les résultats de ses urines sont arrivés plus de 50 jours après, alors que le rapport date du 11 juin 2015. Soit deux jours avant que les athlètes médaillés des JIOI ne soient récompensés par le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS)le 20 août au J&J Auditorium à Phoenix. « Je ne comprends pas. Car c’est juste au moment où je devais intégrer la High Level Sports Unit (HLSU) et recevoir mon cash prize que toute cette affaire m’est tombée dessus », constate le leveur de fonte, qui avoue clairement qu’il aurait dû être suspendu depuis le 11 juin dernier.
Aux JIOI sans connaître les résultats
« C’est le 11 juin que les résultats sont tombés et c’est à ce moment que j’aurais dû être suspendu. Or, j’ai pris part aux JIOI sans connaître les résultats de mon test anti-dopage et je suis revenu avec trois médailles de bronze dans mes valises. Je trouve cela bizarre que je sois suspendu juste au moment ou je devais aller récupérer mon argent pour les médailles. Il n’y a pas de logique dans cette affaire », a-t-il poursuivi.
Parful Prithipaul a fait aussi ressortir qu’il a effectué un contrôle anti-dopage à La Réunion après la compétition en dépit des remontrances et un avis contraire de l’entraîneur Ravi Bhollah. « Contrairement à Maurice, j’ai été bien informé de tous mes droits et mes obligations lors de ma prise d’urine. En comparant les deux Doping Control Form, j’ai remarqué que sept casiers n’avaient pas été remplis à Maurice. Premièrement, on ne m’a pas demandé le numéro de ma carte d’identité. Je tiens à faire ressortir qu’il n’y avait que le Doping Contrôle Officer et moi-même le jour du contrôle anti-dopage le 21 avril 2015. D’ailleurs, ce dernier ne m’a même pas informé comment est fait ce genre de test. Deuxièmement, il faut que l’athlète soit accompagné de son entraîneur mais Ravi Bhollah, n’était pas présent ce jour-là », confie-t-il à Week-End.
Praful Prithipaul a aussi mentionné que l’Urine Partial Sample n’avait pas été respecté. «J »ai uriné en deux fois mais cela n’a pas été mentionné sur le Doping Control Form à Maurice. Les casiers 22 et 23 n’ont pas été remplis comme il se doit sur la densité et les millilitres obtenus dans chaque flacon. Par contre, le formulaire à La Réunion stipule clairement que la première fois, j’avais uriné  30 ML et la deuxième fois en 60 ML. À La Réunion, on m’a expliqué ce que chaque casier signifie et ce qu’il fallait remplir. Ce qui n’a pas été le cas à Maurice. Je prends mes responsabilités  et j’estime qu’il a mal fait son travail. Il n’a pas tenu compte du protocole mis en place pour les contrôles anti-dopage », avance-t-il, un brin mécontent.
Pas éligible pour disputer les JIOI 2015
Dans ses explications, Parful Prithipaul n’épargne pas Ravi Bhollah qui en prend  pour son grade. «À l’heure de recevoir les résultats, le coach national était avec moi mais pour passer les tests, il a joué aux abonnés absents. D’ailleurs, Ravi Bhollah et Poorun Bhollah (président de la fédération) avaient protesté contre le fait que j’effectue le contrôle anti-dopage durant les JIOI. Je tiens à préciser que Poorun Bhollah me demandait souvent à La Réunion si j’étais clean. À chaque fois, il me balançait la même question même après mon contrôle. Ça a commencé à me travailler dans la tête. Pourquoi me posait-il ces questions ? Ce qui m’amène à penser que les résultats effectués à Maurice étaient tombés et qu’il était au courant. Ils ont caché les résultats pour me les soumettre que le 18 août», assure Praful Prithipaul. Faute de moyens et aussi sans doute abandonné par sa fédération la contre-expertise de l’échantillon B n’a pas été effectuée. Ni le MYS, ni la fédération n’a voulu débourser de l’argent pour assurer les frais pour contre-expertiser l’échantillon B.
« Je ne sais pas »
À la question de savoir comment ce produit prohibé a été trouvé dans son métabolisme, Praful Prithipaul ne peut y répondre. « Je vais être honnête : je ne sais pas. Ce que l’entraîneur me donne comme compléments, c’est ce que je prends. Ce sont des produits comme Animal Pak, Animal Flex, Caséine Whey protéine entre autres. Par contre, j’ai fait des recherches sur internet et j’ai compris que certains produits que nous prenons sont contaminés par des stéroïdes anabolisants », soutient-il. On se souvient que l’année dernière, Anthony Madanamoothoo avait été contrôlé positif au même produit. Une autre affaire qui fait tâche pour la Mauritius Amateur Weightlifters & Powerlifters Association qui se trouve dans le rouge.
La FHI et la WADA ont-elles été informées du cas Prithipaul ?
La Fédération Internationale d’Haltérophilie et la World Anti-Doping Agency (WADA) ont-elles été informées du contrôle positif de Parful Prithipaul ? La question mérite d’être posée, puisque les règles de la FIH veulent qu’une fois un athlète est contrôlé positif à un produit prohibé hors compétition il est d’une part impératif que la fédération locale, à savoir la Fédération mauricienne d’Haltérophilie (FMH), en informe immédiatement l’internationale et d’autre part d’en informer aussi la WADA. Les règles veulent aussi dire que la fédération de l’athlète en question est suspendue automatiquement de toute compétition pour deux ans et la fédération locale d’une amende de 5000 USD. Le temps que cette amende soit payée, la fédération locale est interdite de participation à toutes compétitions hors du territoire.
Week-End dispose aujourd’hui d’information qui pousse à croire qu’à ce jour, la FIH et la WADA n’ont jamais été informées  de  ce contrôle positif hors compétition de Parful Prithipaul. Si la FMH n’a pas d’argent pour payer la contre-expertise de l’échatillon B, comment elle a pu trouver 5000 USD (approx Rs 150 000) pour payer l’amende imposée par la fédération internationale. De plus, le service de presse du Yogida Sawmynaden n’a pas à ce jour été informé, sous forme de communiqué ou d’information, que le MJS a payé une telle amende. Ce qui veut dire que cette information a été « cachée » à la FIH et la WADA, sinon comment expliquer que les haltérophiles de Maurice ont pu participer aux Jeux d’Afrique et aux Jeux du Commonwealth de la Jeunesse. Le président de la FMH, Poorun Bhollah, était sans doute trop occupé à voyager aux Iles Samoa en passant par Sydney pour s’occuper d’une affaire aussi importante.