Des groupes d’étudiants de Hong Kong veulent appeler à de nouvelles manifestations si leurs revendications ne sont pas acceptées par le gouvernement local pro-Pékin, a annoncé jeudi un syndicaliste étudiant.

Un réseau d’étudiants et d’établissements du supérieur veut appeler à l’encerclement, vendredi matin, du siège du gouvernement hongkongais, dans le centre de la ville, a déclaré à l’AFP So Tsun Fung, président de l’Union des étudiants de l’Université chinoise de Hong Kong.

L’ancienne colonie britannique est le théâtre depuis le 9 juin de manifestations historiques.

Deux millions de personnes sont descendues dans les rues dimanche dernier selon les organisateurs, pour protester contre un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale, où le taux de condamnation avoisine les 100%, selon les statistiques chinoises.

La cheffe de l’exécutif Carrie Lam a annoncé la suspension du texte, mais les contestataires réclament sa démission ainsi que le retrait définitif du projet de loi.

Un ultimatum circule sur les réseaux sociaux, donnant au gouvernement jusqu’à jeudi 09H00 GMT pour accéder aux revendications.

« L’espoir, c’est de pouvoir faire pression avant que les fonctionnaires n’arrivent au travail, si on a un nombre suffisant de gens », a ajouté So Tsun Fung.

Les étudiants exigent aussi la libération des manifestants arrêtés durant des affrontements avec la police et l’ouverture d’une enquête sur les accusations de brutalité policière.

Dans un groupe de « chat » sur l’application Telegram, regroupant plus de 34.000 personnes et vu par l’AFP, des utilisateurs ont posté des sondages anonymes sur les formes que pourrait prendre la mobilisation, évoquant des sit-in pacifiques, une chaîne humaine ou un rassemblement devant la résidence de Mme Lam.

Le Front civique des droits de l’Homme (CHRF), principal organisateur des manifestations des 9 et 16 juin, a fait savoir qu’il soutiendrait toute forme de manifestation pacifique des étudiants.

Les députés démocrates minoritaires au Conseil législatif (LegCo, Parlement) ont également dit qu’ils soutiendraient les étudiants invités à rester pacifiques. « Nous serons là à tout moment, n’importe où, pour nous assurer qu’il n’y aura pas une répétition des violences policières ».

Pékin a repris la tutelle du territoire en 1997. Toutefois, en vertu de l’accord de rétrocession conclu avec Londres, Hong Kong jouit d’une semi-autonomie et de libertés n’existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu’en 2047.