Chettandeo Bhugun, Permanent Secretary du ministère des Arts et de la Culture et Vikash Tatayah, Conservation Manager de la Mauritian Wildlife Foundation, ont signé un accord de principe donnant le droit à l’ONG de gérer l’Île de la Passe, qui tombe sous la responsabilité du National Heritage Fund.
Lors de la signature vendredi au siège du ministère à Port-Louis, en présence du ministre Mookhesswur Choonee, Vikash Tatayah devait affirmer que c’est un honneur pour la Mauritian Wildlife Foundation (MWF) d’assumer cette responsabilité qui s’étend au-delà de ce qu’elle a l’habitude de faire. Il lui incombe en outre de conserver les fortifications qui s’y trouvent et qui ont une valeur historique pour le pays. Le Conservation Manager de la MWF devait indiquer que des recherches sur les lieux datent du début des années 90 et qu’une étude menée sur place a révélé la riche biodiversité de l’Île de la Passe, avec la présence de plantes rares et de reptiles indigènes comme le Scinque de Bouton. Et ce, même si sa superficie est relativement petite, soit cinq arpents. Le Scinque de Bojer, lui, endémique des lieux, y a été trouvé en 2010 et aurait une population d’environ 200 individus. D’autres espèces comme le paille-en-queue blanc et des fouquets y vivent également.
Vikash Tatayah souligne que la préoccupation majeure de la MWF sur tous les sites où elle travaille, dont l’Île aux Aigrettes, demeure la présence de prédateurs, notamment les souris. Or, l’Île de la Passe est un exemple dans le monde où la souris a été éradiquée en 1999, fait-il ressortir.
La responsabilité de la MWF est de préserver et d’enrichir la biodiversité de l’île. Cependant, une autre préoccupation de l’organisation reste le camping sauvage. Dans cette optique, la MWF et la NHF travailleront sur un plan de gestion afin que les actions entreprises ne privent pas le public d’accéder aux lieux. Répondant à une question de la presse, Vikash Tatayah a indiqué que des campagnes de sensibilisation intense devraient être menées auprès des tour-opérateurs, des bateliers et du public en général. Cet accord de principe est valable pour une période de cinq ans, renouvelable pour une même durée de temps.
Pour le ministre Choonee, la préservation de ce site est très importante car c’est un candidat potentiel à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le PS des Arts et de la Culture a aussi apposé sa signature à côté de celle de Gill La Hausse de Lalouvière, directrice du musée de la Tour Martello à Rivière-Noire, dans le cadre du renouvellement de l’accord donnant droit à l’organisation Friends of the Environment de poursuivre son action et de gérer les lieux. L’autorisation est valable pour une période de trois ans. Cet accord avec le ministère de tutelle date de 2000, fait ressortir Mookhesswur Choonee. Le musée emploie trois personnes. Les lieux, qui n’ont pas demandé de gros travaux de rénovation, accueillent un public varié dont beaucoup de scolaires. Gill La Hausse de Lalouvière rappelle que la Tour Martello est ouverte au public gratuitement tous les derniers samedis du mois. Les lundis, elle reste fermée.