Le mécontentement autour de l’installation d’un dispositif CCTV et l’introduction du système d’empreintes digitales sur les lieux de travail continue à s’amplifier dans le secteur privé comme le secteur public. La dernière levée de boucliers vient des employés de l’Imprimerie du gouvernement suite à l’annonce de la direction en fin de semaine concernant l’installation imminentesur les lieux de travail d’un dispositif CCTV. La raison évoquée par la direction, la sécurité des employés, n’a guère convaincu les syndicalistes de la GSEA Printing Branch qui devront riposter sous peu avec une manifestation et une assemblée générale.
« Au cours d’une réunion du management jeudi nous avons été informés de la décision d’introduire des caméras de surveillance dans l’enceinte de l’imprimerie du gouvernement. C’est totalement contre les principes et droits fondamentaux. Nous avons l’impression que nos droits sont en train d’être bafoués », soutient Richard Laverdure, président de la GSEA Printing Branch. En principe, dit-il, les décisions touchant les employés doivent être prises en consultation avec les dirigeants syndicaux. Or, cela n’a pas été le cas cette fois-ci concernant l’entrée en vigueur des caméras de surveillance. « Dès que nous avons pris connaissance de cette décision unilatérale, nous avons fait part de notre mécontentement. Ce serait embarrassant de travailler avec des caméras braquées sur nous à longueur de journée ».
Ainsi, dès la fin de la réunion annonçant cette décision jeudi, la GSEA Printing Branch a initié une campagne de contestation qui débutera avec une assemblée générale ce mercredi. Dans un deuxième temps, le syndicat organisera une manifestation, fort probablement dans les rues de Port-Louis, en vue de dénoncer l’utilisation du système CCTV dans les lieux de travail. En parallèle, des lettres seront adressées sous peu au Premier ministre Navin Ramgoolam et à la Data Protection Commissioner, Drudeisha Madhub. Des consultations ont été également engagées entre les dirigeants syndicaux et leur conseil légal en vue de dégager une stratégie.
Rappelons que La Koalition – Nou Lanprint Nou Drwa a organisé une conférence cette semaine, en présence de la Data Protection Commissioner, sur les caméras et le système d’empreintes digitales sur les lieux de travail. Cette conférence a également servi de plate-forme pour préparer une grève sur les sites de travail contre l’utilisation d’empreintes digitales. Dans ses revendications concernant la nouvelle carte d’identité biométrique, La Koalition – Nou Lanprint Nou Drwa réclame, entre autres, qu’il n’y ait aucune poursuite pénale et criminelle à l’encontre des citoyens qui ne posséderaient pas de carte biométrique et qu’une commission des droits constitutionnels soit ouverte au public, qu’il soit décidé du type de carte d’identité qu’il faudrait à Maurice, sans qu’il n’y ait aucune entrave aux droits et aux libertés des citoyens.